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Russie-Israël : Les raisons d’un rapprochement

Un texte de Pierette Beaudoin
Numéro : Argument 2016 - Exclusivités web 2016

L’URSS a toujours reconnu l’existence de l’État hébreu. Au plus haut point tumultueuses sous Brejnev, plus souples sous Gorbatchev, les relations entre Moscou et Tel-Aviv n’ont toutefois jamais fait le poids comparativement à l’importance que la diplomatie soviétique accordait aux pays arabes. Se disant protectrice des pays qu’elle jugeait opprimés, l’Union soviétique ne s’est en effet pas abstenue d’exploiter le conflit israélo-palestinien pour jouer d’influence au Moyen-Orient1.

Or, l’éclatement de l’URSS au début des années 1990 marquera la fin d’un monde politique caractérisé par la bipolarité : l’empire états-unien d’un côté, de l’autre, le soviétique. Sous la présidence d’Eltsine (1992-1999), la politique extérieure de la Russie adoptera une approche dite « équilibrée » à l’égard du conflit israélo-palestinien. On observera aussi au cours de cette période une augmentation significative du commerce avec Israël ainsi qu’une émigration massive de Juifs russes vers ce pays du Levant.

L’arrivée de Poutine au pouvoir imposera cependant un changement d’attitude à l’égard d’Israël et de la Palestine. On notera ainsi une évolution importante par rapport à la diplomatie soviétique : le nouveau président n’étant ni anti-Israéliens, ni pro-Palestiniens2.

Bien que le regard détaché que pose Poutine sur ces deux peuples aurait pu amener à un véritable rapprochement entre Moscou et Tel-Aviv, le fait est que ce « rapprochement » demeure jusqu’à ce jour éminemment pragmatique, rempli de paradoxes et finalement, au service du grand retour de la Russie sur la scène internationale, notamment moyenne-orientale.

Poutine soulignera l’ère de cette nouvelle diplomatie en effectuant, en 2005, la toute première visite officielle d’un chef d’État russe ou soviétique en Israël3. L’intérêt que porte la Russie à Israël a trait essentiellement au commerce, aux relations interculturelles et au jeu diplomatique qu’elle entretient au Moyen-Orient. Sans grande surprise, on observe des motifs semblables du côté israélien : le commerce, l’industrie touristique mise à profit par les relations interculturelles ainsi que la coopération entre les deux pays pour contrer la montée de l’islam politique4.

Certains analystes se demandent si Poutine ne s’en tire pas au final avec le beurre et l’argent du beurre dans sa relation avec l’État hébreu5. On pourrait facilement le penser, car le président moscovite, à la manière d’un prestidigitateur accompli, tout nourrissant de bonnes relations avec le président d’Israël, transige aisément avec les ennemis jurés de ce dernier (Iran, Syrie, Hamas, Hezbollah).

Netanyahou serait-il dès lors pris dans les griffes de l’aigle à double tête qui symbolise avec finesse les contradictions de la politique extérieure russe ?6 Oui et non, car Israël a besoin de la Russie non seulement pour le lucratif commerce, mais surtout pour éviter le pire. C’est-à-dire, la vente toujours accrue d’armes et de missiles russes à ses ennemis. C’est à la fois une question de sécurité nationale et de survie pour l’État hébreu7. De la realpolitik !

À cet effet, rappelons les propos louangeurs du ministre de la Sécurité d’alors, Ehud Barak, en visite à Moscou en septembre 2005, pour la signature d’un contrat de 400 millions de dollars pour la vente de drones espions à la Russie : « Israël regards Russia not only as an important partner but also as a major power which plays a big role in the Middle East »8.

Le présent texte traite de trois des raisons de ce rapprochement récent entre Moscou et Tel-Aviv. Il s’agit : des échanges économiques, de l’importance des relations entre les Russes juifs et les Israéliens d’origine russe ainsi que de la montée de l’islam jihâdiste.

Des échanges économiques ciblés

Les relations économiques entre la Russie et Israël ne se limitent pas à l’exportation de légumes!9 C’est plutôt du côté de la puissance militaire d’Israël que des liens toujours grandissants sont tissés avec la Russie. L’exportation d’armes est l’un des piliers de l’économie israélienne, notamment l’exportation de drones. En effet, ce pays du Proche-Orient est devenu le premier dans le monde à développer et produire des véhicules aériens télécommandés (drones ou UAV en anglais); ce qui en fait le sixième marchand d’armes au monde10. Soulignons qu’entre 2006 et 2010, ses exportations d’armes ont doublé en valeur économique, passant de 3,5 milliards à 7,9 milliards de dollars11.

Or, depuis plusieurs années déjà, la Russie a investi des centaines de millions de dollars pour l’achat de drones israéliens. Certains chercheurs soutiennent d’ailleurs que le transfert de technologies militaires de pointe vers Moscou a servi de monnaie d’échange aux Israéliens pour obtenir le gel de contrats d’armements passés entre Damas et Moscou12.

Des partenariats sont aussi développés entre la Russie et Israël pour fabriquer et vendre ces drones. La Chine et l’Inde bénéficient, entre autres pays, de cette expertise russo-israélienne de pointe dans le domaine de l’équipement de sécurité13.

Cependant, les relations diplomatiques entre Moscou et Tel-Aviv ne sont pas toujours au beau fixe. En 2008, par exemple, dans le conflit opposant la Russie et la Géorgie sur l’Ossétie du sud et l’Abkhazie, Israël a audacieusement fourni des armes aux deux pays rivaux. Le geste a suscité l’ire de la Russie qui a accusé Israël de porter assistance aux Géorgiens14. Dans d’autres occasions toutefois, à contre-courant des pays occidentaux, l’État hébreu soutient la Fédération de Russie. Ce fut le cas lorsqu’il a refusé d’appuyer, au grand dam des États-Unis, une résolution de l’ONU appelant à ne pas reconnaître l’annexion de la Crimée à la Fédération de Russie15.

Ces deux exemples illustrent l’espèce de fluidité qui existe dans les relations entre les deux pays.

Moscou et Tel-Aviv donnent par contre l’impression de partager une compréhension stratégique commune relativement à la sécurité. Si Moscou vise à mettre son armée à niveau, accorder une priorité aux enjeux liés à la défense est devenu un mode de vie en Israël16. De telle sorte qu’en 2005, un accord de coopération antiterroriste a été signé qui permet à des officiers russes et israéliens de s’entraîner régulièrement ensemble et qui engage Israël à porter assistance à la Russie ainsi qu’à partager son savoir-faire en cas d’attentats17. En fait, des experts russes et israéliens ont élaboré conjointement un plan pour une barrière de sécurité en Tchétchénie, sur le modèle israélien18. Rappelons aussi qu’Israël a fourni de l’équipement de sécurité aux Jeux olympiques tenus à Sotchi à l’hiver 201419.

Des échanges économiques en pleine croissance

Les échanges commerciaux entre Israël et la Russie ont connu une croissance exponentielle au cours des dernières années. À titre d’exemple, entre 1991 et 2011, ils sont passés de 12 millions de dollars à 2,8 milliards20. Au cours de l’année 2007 seulement, les échanges commerciaux s’élevaient à un milliard et demi de dollars qui s’ajouteraient à des ententes dans le domaine de l’énergie de plus d’un milliard de dollars US21. En 2013, ils culminaient à 3,5 milliards de dollars, une progression de 20 % par rapport à 201222

Tandis que l’État hébreu importe principalement de Russie des diamants bruts, des métaux et des hydrocarbures, la Russie de son côté importe essentiellement des produits technologiques de pointe pour le matériel médical et pour l’aviation civile et militaire23. Le géant gazier russe d’hydrocarbures Gasprom a signé également avec Israël des ententes de type joint-venture, particulièrement à la suite de la découverte de champs gaziers au large d’Israël. Des ententes sont également conclues avec les Palestiniens qui se trouvent sous le contrôle israélien24.

C’est dans le contexte de ces partenariats mutuellement intéressants et dans un esprit de give and take omniprésent chez les deux parties, que la Russie a annulé la vente de son système de défense anti-aérienne S-300 à l’Iran25. Mentionnons à ce sujet qu’Israël, tout comme l’Iran et la Turquie, est l’un des trois partenaires commerciaux les plus importants de la Russie au Moyen-Orient26.

L’importance des relations culturelles entre les Russes juifs et les Israéliens d’origine russe.

Israël russophone

Vladimir Poutine a déjà qualifié Israël de «pays russophone »27. Cette affirmation qui marque l’importance des liens qui unissent le Kremlin et la Knesset est bien fondée.

Effectivement, on observe entre 1989 et 1992, sous l’ère Gorbatchev, une immigration importante de Juifs d’URSS en Israël. On estime qu’entre 1990 et 1999, 50 % de la croissance démographique juive de l’État hébreu serait imputable aux immigrés venus de l’ex-URSS28. Au cours de cette période, c’est plus d’un quart de million de personnes qui ont quitté l’ex-Union soviétique pour Israël. Israël aurait accueilli 75 % des Juifs soviétiques29. Cette émigration a toutefois chuté à partir de l’année 2000, de telle sorte qu’en 2010, le flux migratoire ne s’élevait plus qu’à 900 migrants. En termes de répartition ethnique, la population juive ne représentait plus, en 2002, que 0,16 % de la population totale de la Russie, par comparaison, respectivement à 0,50 % et à 0,73 % de la population de l’URSS en 1979 et en 195930.

En Israël, les Juifs d’origine russe seraient aujourd’hui plus de 1,2 million, soit 20 % de la population du pays31. Selon d’autres sources cependant, ces binationaux issus de l’espace russe et ex-soviétique ne fourniraient pas plus du septième (14%) de la population de l’État hébreu32. Ce qui reste considérable.

Ce mouvement de population fort imposant, en un court lapse de temps, porte cependant un grand coup aux Palestiniens en quête d’un État autonome. Le nouvel équilibrage démographique joue évidemment en défaveur des Palestiniens33. D’autant plus que, s’ajoutant à la question démographique globale du pays, le fait qu’une partie des russophones s’est installée en Cisjordanie, au cœur même des territoires arabes occupés. Ainsi, les ressortissants de l’URSS et de la Russie ont-ils contribué à la croissance démographique des colons israéliens en Cisjordanie. Un effectif de colons qui se chiffrent à moins de 100 000 en 1990 et à près de 300 000 en 200534.

Selon des analystes chevronnés, la colonisation juive grandissante en Cisjordanie pourrait atteindre un seuil dit « d’irréversibilité», au-delà duquel il ne serait plus possible, en définitive, de « détacher la Cisjordanie d’Israël »35. Dans cette perspective, la possibilité d’une mise en place d’un État palestinien se rétrécit comme une peau de chagrin.

Les russophones et les « hommes en noir »

Si l’arrivée massive de Juifs russes a changé la donne démographique au détriment des Palestiniens, elle a également créé un clivage additionnel au sein même de la société israélienne. Il est probable que le clivage observé aujourd’hui entre les Juifs russophones et les Juifs ultra-orthodoxes soit à terme plus important que celui qui oppose les Ashkénazes et les Sépharades. C’est sans doute dans ce contexte de tensions intra-communautaires que l’ancien premier ministre israélien Ehoud Olmert aurait affirmé que « la situation à Jérusalem est plus tendue entre orthodoxes et non-orthodoxes qu’entre les juifs et les arabes »36.

Il est notoire que la communauté russophone vit en conflit avec les « hommes en noir » de la communauté ultra-orthodoxe (les Haredim, littéralement « les craignant Dieu »). Deux fois moins nombreux que les russophones, les « hommes en noir» se méfient de ces laïcs, peu ou pas pratiquants, qui, pour un bon nombre d’entre eux, ont épousé des femmes non juives. Les Haredim accusent les Juifs russes, notamment d’avoir apporté drogue, prostitution et criminalité en Israël. En revanche, l’un des seuls traits que ces deux communautés partagent réside dans l’observation qu’elles se situent toutes les deux à la droite de l’échiquier politique, en faisant référence à la composition de la Knesset.

L’influence des Juifs russophones

Par contre, contrairement à la communauté ultra-orthodoxe qui vit plutôt en marge de la société israélienne, la communauté russophone s’y est intégrée avec un succès certain37. Hautement scolarisée, cette communauté venue de l’URSS et de l’ex-URSS compte un nombre important de scientifiques, de mathématiciens et de spécialistes du nucléaire qui contribuent à la performance exceptionnelle d’Israël dans le domaine de l’armement. Plusieurs de ces immigrants avaient travaillé dans le complexe militaro-industriel soviétique38.

De plus, l’influence politique de cette communauté russophone est elle aussi remarquée. Elle sert, entre autres, de « pont » humain et économique entre Israël et la Russie39. En effet, un grand nombre d’Israéliens issus des espaces soviétique et russe font la navette entre Israël et la Russie. Israël est également devenu une destination prisée des touristes russes. On estime aujourd’hui que le tourisme seulement en provenance de la Russie représente 13,2 % du flux touristique global en Israël, surpassé de quelques points de pourcentage par le tourisme américain (20,2 %)40.

Aux yeux de Moscou, « la communauté juive est devenue un outil d’influence et un relais dans les relations israélo-russes ». Le grand rabbinat russe serait même utilisé comme un outil de la politique étrangère moscovite41. Dans le même ordre d’idées, mentionnons que l’actuel ministre israélien de la Défense, Avigdor Liberman, né en Moldavie soviétique en 1958, tout comme Sofa Landver, née à Saint-Pétersbourg en 1949, récemment nommée ministre de l’Intégration, illustrent parfaitement l’influence d’un bon nombre de Juifs soviétiques sur l’échiquier politique de l’État hébreu42. Ces deux députés sont membres du parti d’extrême droite nationaliste Israël Beytenou (« Israël notre Maison ») que dirige monsieur Liberman. En 2015, le parti comptait six représentants à la Knesset43.

Les Russes d’Israël et les Juifs de Russie seraient-ils devenus, comme se le demande Salomé Stoikovitch44, un défi pour leurs pays respectifs ? Une réflexion à poursuivre !

L’islam politico-religieux : un ennemi de Vladimir Poutine et de Benyamin Netanyahou

Dans l’univers géopolitique les alliances se font et se défont. Elles se meuvent au gré des intérêts des pays. Si la politique étrangère de l’URSS sous Khrouchtchev, Brejnev ou Eltsine ne comptait pas Israël dans le giron des proches amis, c’est différent sous le régime de Poutine45, comme nous l’avons illustré dans les sections précédentes.

En outre, dans le monde instable des relations internationales, il arrive que les alliés des uns soient, en même temps, les adversaires des autres. Par exemple, la Russie entretient de bonnes relations avec la Syrie et l’lran, des ennemis implacables d’Israël qui en souhaitent la destruction. En revanche, Moscou et Tel-Aviv entretiennent de bonnes relations et ont tous deux établi des partenariats d’affaires, parfois conjoints, avec la Chine et l’Inde.

Ceci dit, un constat est sûr. La montée de l’islam politico-religieux par l’internationalisation du jihâd constitue un enjeu de taille pour la sécurité nationale tant de la Russie que d’Israël; le phénomène a donc été source de rapprochement entre ces deux pays46. Notons, paradoxalement, que la Russie a parfois soutenu l’idéologie jihâdiste, notamment le Hezbollah chiite (littéralement « parti de Dieu ») et qu’Israël quant à lui a pactisé un temps avec le Hamas47. La première puissance, pour asseoir son influence au Proche-Orient; la deuxième, dans le but de diviser les forces politiques palestiniennes.

Aujourd’hui, l’endiguement du militantisme islamiste est l’un des axes de la politique russe au Moyen-Orient48. Et ce, répétons-le, pour assurer la sécurité du pays qui compte une forte population musulmane susceptible de subir l’influence des islamistes combattants. À ce propos, l’académicien russe Sergueï Rogov écrivait d’ailleurs ce qui suit en 2005 : « Nos relations avec le monde islamique concernent directement notre sécurité »49.

La Russie fait partie du monde musulman

C’est le ministre russe des affaires étrangères lui-même, Sergueï Lavrov, qui a déclaré que la Russie, « dans une certaine mesure fait partie du monde musulman »50. En effet, le pays compte 20 millions de musulmans représentant environ 15 % de sa population51. Dans cette foulée, on rapporte que la plus grande mosquée d’Europe, pouvant accueillir jusqu’à 10 000 fidèles, a été inaugurée l’automne dernier à Moscou en présence du président Poutine et de nombreux chefs d’État du monde musulman52.

On remarque aussi que 8 des 21 républiques autonomes de la Fédération de Russie portent les noms de peuples musulmans (Tchétchénie, Daghestan, Tatarstan, etc…), et que la Russie est voisine de pays majoritairement musulmans tels que le Kazakhstan et l’Ouzbékistan qui pourraient être victimes de l’ascension du jihâdisme international53.

De plus, à la suite de l’effondrement de l’empire soviétique, on a assisté à la renaissance de l’islam en Russie et en Asie centrale (pratique religieuse, revoilement, ouverture de mosquées, etc…)54 ainsi qu’à l’expression de mouvements rebelles dans le Nord du Caucase, particulièrement en Tchétchénie.

Et si, à une époque, Vladimir Poutine qualifiait les rebelles tchétchènes de « terroristes fondamentalistes musulmans », le président a aujourd’hui modifié son langage, car il parle maintenant de « terroristes liés à des réseaux criminels internationaux, de trafiquants de drogue et d’armements »55. Le président russe mesure désormais l’importance d’éviter d’associer l’islam au terrorisme et de diaboliser les opposants musulmans au régime de Moscou.

 

Israël et l’islamisme radical

Bien que la Russie et Israël mènent une lutte commune contre le terrorisme islamiste au moyen d’activités conjointes, il n’en demeure pas moins que les enjeux de cette guerre ne sont pas pour eux les mêmes. Pour la Russie, il s’agit surtout de sécuriser le Caucase tandis que pour Israël, il en va carrément de sa survie56.

Malgré cette différence, il reste que l’État hébreu, voisin de l’État syrien en guerre contre des forces islamistes, craint par-dessus tout l’avènement en Syrie d’un régime sunnite dominé par les frères musulmans et/ou les salafistes ainsi que le chaos de la guerre civile.57

En bref, la chute de Bachar el-Assad pourrait avoir un effet déstabilisateur majeur autant en Russie qu’en Israël. Les bombardements russes actuels en Syrie visant les opposants au régime alaouite ainsi que les menaces récentes supposément proférées par l’État islamique à l’égard de la Russie témoignent de la complexité des ramifications qui fait du Moyen-Orient l’un des bourbiers géopolitiques les plus importants du globe.

Conclusion

Force est de constater que la Fédération de Russie de Vladimir Poutine et l’État hébreu de Benyamin Netanyahou ont établi des relations d’affaires et diplomatiques d’importance. Elles sont pragmatiques, intéressées, paradoxales et surprenantes, basées essentiellement sur un opportunisme militaire et guerrier. Fondées sur des questions de sécurité nationale et d’influence politique au Proche-Orient, ces relations sont pourtant fragiles, imprévisibles, vraisemblablement éphémères, mais éminemment utiles à l’un comme à l’autre de ces deux pays.

En bref, les relations entre la Russie et Israël illustrent parfaitement la vraie nature des enjeux de la géopolitique mondiale qui de facto contribue aussi à en poser les limites : tout doit d’abord s’inscrire dans la perspective d’un rapport coûts/bénéfices. Le credo des adeptes des jeux !

Autrement dit : « C’est une loi banale des relations internationales : entre États, il y a toujours un minimum de complicité dans la mesure où il y a toujours une part d’intérêts communs »58.


PIERETTE BEAUDOIN 

 

 


 

1 Talal NIZAMMEDDIN, Puttin’s New Order in the Middle East, Londres, C. Hurst & Co., 2013, p. 197, 212, 217.

2 Ibid., p. 217.

3 Frédéric ENCEL, Atlas géopolitique d’Israël. Les défis d’une démocratie en guerre, Paris, Éditions Autrement, 2014, p. 72.

4 Colin SHINDLER, Israël and the World Powers. Diplomatic Alliances and International Relations beyond the Middle East, New York, Colin Shindler Éd., 2014, p. 140-148.

5 Ibid., p. 149.

6 T. NIZAMEDDIN, op. cit., p. 291.

7 C. SHINDLER, op. cit., p. 145.

8 Ibid., p. 145.

9 Yakov M. RABKIN, Israël : un allié discret de la Russie, http://www.mondialisation.ca, 5 décembre 2014, p. 1

10 Mary DOBBING et Chris COLE, Israël et la guerre des drones, http://www.mondialisation.ca, 7 septembre 2015, p. 5.

11 F. ENCEL, op. cit., p. 52.

12 Igor DELANOE, Russie-Israël : « Les défis d’une relation ambivalente », Politique étrangère, volume 1, 2013, p. 124.

13 Salomé STOIKOVITCH, Relations Israël-Russie : alliance ou défiance ? http://www.diploweb.com/Relations-Israël-Russie-alliance.html, p. 6.

14 Ibid., p. 9.

15 Igor DELANOE, « Israël, si loin, si proche », Manière de voir, no 138, 2014/2015, p. 51.

16 Lili BEN SHITRIT, « Israel », The Middle East, Ellen Lust Éd., Sage Press, 2014, p. 550; Pascal MARCHAND, Atlas géopolitique de la Russie. La puissance retrouvée, Paris, Éditions Autrement, 2012, p. 10-11.

17 I. DELANOE, « Les défis d’une relation ambivalente », p. 126.

18 S. STOIKOVITCH, loc. cit., p. 5.

19 Y. M. RABKIN, loc. cit., p. 1.

20 I. DELANOE, « Les défis d’une relation ambivalente », p. 120.

21 T. NIZAMEDDIN, op. cit., p. 210.

22 Igor DELANOE, « Entre Moscou et Tel-Aviv, une étrange lune de miel. Le grand jeu des alliances », Le Monde diplomatique, septembre 2014, p. 1.

23 Id., « Les défis d’une relation ambivalente », p. 120.

24 Y. M. RABKIN, loc. cit., p. 2.

25 Ibid., p. 2.

26 T. NIZAMEDDIN, op. cit., p. 210.

27 I. DELANOE, « Entre Moscou et Tel-Aviv, une étrange lune de miel. Le grand jeu des alliances », p. 1.

28 F. ENCEL, op.cit., p. 28.

29 S. STOIKOVITCH, loc. cit., p. 3.

30 Pascal MARCHAND, Atlas géopolitique de la Russie. Le grand retour sur la scène internationale. Paris, Éditions Autrement, 2015, p. 19.

31 S. STOIKOVITCH, loc. cit., p. 4.

32 I. DELANOE, « Israël, si loin, si proche », p. 49.

33 T. NIZAMEDDIN, op. cit., p. 231; C. SHINDLER, op. cit., p. 128.

34 Fabrice BALANCHE, Atlas du Proche-Orient arabe, Paris, PUPS, 2012, p. 110.

35 Ibid., p. 110.

36 F. ENCEL, op. cit., p. 36.

37 I. DELANOE, « Entre Moscou et Tel-Aviv, une étrange lune de miel. Le grand jeu des alliances », p. 1.

38 C. SHINDLER, op. cit., p. 128.

39 I. DELANOE, « Entre Moscou et Tel-Aviv, une étrange lune de miel. Le grand jeu des alliances », p. 1 ; S. STOIKOVITCH, loc. cit., p. 4.

40 I. DELANOE, « Entre Moscou et Tel-Aviv, une étrange lune de miel. Le grand jeu des alliances », p. 1 ; Id., « Israël, si loin, si proche », p. 49.

41 S. STOIKOVITCH, loc. cit., p. 5.

42 I. DELANOE, « Israël, si loin, si proche », p. 49.

43 Pierre BLANC et Jean-Paul CHAGNOLLAUD, Atlas du Moyen-Orient. Aux racines de la violence, Paris, Éditions Autrement, 2016, p. 40-41.

44 S. STOIKOVITCH, loc. cit., p. 9.

45 F. BALANCHE, op. cit., p. 116-117.

46 I. DELANOE, « Les défis d’une relation ambivalente », p. 125.

47 Charles ENDERLIN, Le grand aveuglement. Israël et l’irrésistible ascension de l’islam radical, Paris, Albin Michel, 2009, chapitres 2 et 5; Frank FURET, « Sabres et goupillons, un peu d’histoire », Banc Public, no 213, octobre 2012; Hassane ZEROUKY, « Hamas is a Creation of Mossad », Global Outlook, no 2, été 2002, http://globalresearch.ca/articles/ZER403A.html.

48I. DELANOE, « Les défis d’une relation ambivalente », p. 125.

49 Jacques LÉVESQUE, « La Russie fait partie du monde musulman », Manière de voir, no 138, 2014/2015, p. 48

50 Ibid., p. 48.

51 Ibid., p. 46.

52 Guy, TAILLEFER, « Vladimir Poutine. Les arts appliqués du revanchisme », Montréal, Le Devoir, 3 et 4 octobre 2015.

53 MANIÈRE DE VOIR, L’ascension du djihadisme, no 140, 2015, p. 73.

54 Anne-Laure DUPONT, Atlas de l’islam. Lieux, pratiques et idéologie, Paris, Éditions Autrement, 2014, p. 73.

55 J. LÉVESQUE, loc. cit., p. 47.

56 S. STOIKOVITCH, loc. cit., p. 5.

57 Frédéric ENCEL, op.cit., p. 65.

58 Bertrand BADIE, Nous ne sommes plus seuls au monde. Un autre regard sur l’« ordre international », Paris, Éditions La Découverte, 2016, p. 201.




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