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Les origines positivistes de la laïcité « à la française » : Dieu n’est plus d’ordre public

Un texte de Eric Sartori
Thèmes : Laïcité, Modernité, Religion
Numéro : Argument 2016 - Exclusivités web 2016

Crédit photo: Gyrostat
(Wikimedia, CC-BY-SA 4.0)


Québec et Canada ont, comme beaucoup d’autres pays,  à faire face à la question renouvelée  de la laïcité, d’accommodements raisonnables en concessions inacceptables ;  partout, en France même, le débat oppose républicains « intransigeants » et libéraux partisans d’une laïcité plus « ouverte », plus « moderne », partisans d’une laïcité « à la française » et tenants du multiculturalisme anglo-saxon, et sur bien des points, la société québécoise apparaît comme une frontière où se confrontent ces conceptions multiples. Au moment où la France elle-même s’interroge sur sa laïcité, il m’a paru intéressant de revenir sur les origines historiques et philosophiques de la laïcité en France, sur la manière dont elle s’est construite, ce qui devrait permettre de comprendre en quoi elle peut-être particulière et, en quoi elle peut être universalisable. Lors de l’établissement d’une république très fragile, née d’une assemblée largement royaliste, mais divisée entre légitimistes et orléanistes, combattue par l’Eglise catholique, un mouvement philosophique – le positivisme - a joué un rôle important  dans le combat pour la laïcité et pour l’existence même de la République, et il m’a semblé important de rappeler son influence et son action, qui éclairent d’un jour particulier la question laïque. La laïcité était en quelque sorte inscrite dans les gênes du positivisme. La loi des trois états stipulant qu’une conception mentale quelconque passe par  une phase théologique, une phase métaphysique et une phase positive[1] et se traduisant en sociologie par une échelle d’évolution des sociétés d’un état théocratique et militaire vers un état industriel et positif, en passant par une transition métaphysique et révolutionnaire, invitait à penser, selon un slogan positiviste repris par Jules Ferry, une société « sans Dieu et sans rois ». La séparation des deux pouvoirs sociaux, spirituels et temporels, représente selon Auguste Comte une caractéristique de l’état positif dont dépend toute véritable liberté[2] -  en cela, il était bien un précurseur de la définition des totalitarismes comme religions temporelles défendue notamment par Hannah Arendt et Raymond Aron. Dans le Cours de morale théorique que professe à partir de  1872 son successeur Pierre Laffitte, celui-ci rappelle que « dès 1848, le Positivisme demandait la suppression du budget des cultes » et que  « l'idée n'était pas mûre alors, le parti républicain étant dominé par les influences néo-chrétiennes». Et il précise : « On a tort seulement d'employer de préférence la formule : séparation de l'Église et de l'État. Elle n'est pas suffisamment claire et précise. Il en est, parmi les membres du clergé, qui demandent aussi cette séparation, et qui entendent par là que l'État continuera à leur servir leur traitement, en les laissant entièrement libres. Cette séparation, ainsi comprise, ne serait certes pas bonne ; c'est la suppression du budget des cultes que nous demandons. Ceci n'est point de notre part une œuvre de haine ; c'est une mesure politique».

D’où venaient-ils ? La loi Falloux.

En 1900, un article de la Revue occidentale[3] fait le bilan de ce qui était à parcourir, rappelant la longue carrière et l’action résolue de M. de Falloux. Dès 1846, parlementaire influent, il présente un projet de loi sur « la liberté d’enseignement en matière d’instruction secondaire », projet qu’il reprend en 1848, après l’intermède révolutionnaire, cette fois comme ministre. Les enfants ne subissent «  aucune influence morale et ont le cœur livré presque sans obstacles à la contagion du vice ». M De Falloux, moderne en un sens, admet le suffrage universel (enfin presque, il manque les femmes !), ce qui rend d’autant plus nécessaire un nouveau système d’éducation populaire, formant de bons électeurs (d’ « intelligence bornée, de sentiments respectueux, conservateurs et dociles » traduit la Revue Occidentale). L’exposé des motifs du projet de loi Falloux commence ainsi : « Messieurs, le projet de loi que j’ai l’honneur de soumettre à vos délibérations a été élaboré dans une commission où tous les intérêts, ceux de la famille et ceux de l’Etat, ceux de l’Eglise et ceux de l’Université comptaient d’éminents représentants ». Sur vingt-quatre membres, le Conseil de l’Instruction Publique compte trois archevêques ou évêques et un ministre protestant ; sur onze membres, les conseils académiques départementaux comprennent l’évêque ou son délégué, un ecclésiastique délégué par l’évêque  et un ministre protestant. Alors que la loi Guizot de 1833 avait laissé une certaine autonomie aux comités d’arrondissement chargés de la surveillance de l’enseignement primaire, M. De Falloux déclare : «  Pour placer la surveillance plus près et le contrôle plus haut, nous avons confié au maire et au curé ou pasteur la responsabilité de l’école qu’ils ont sans cesse sous les yeux ; nous avons remis au chef-lieu de département, où se trouvent en présence le recteur, l’évêque ou le préfet, la responsabilité de ces surveillants eux-mêmes ». La Revue Occidentale commente : « L’instituteur était en voie de s’affranchir de la domination du curé ; il fallait entraver cette émancipation en restaurant l’antique servage ».  Arago et Victor Hugo eurent beau protester, Jules Simon dénoncer  « un Etat abdiquant tous ses droits, laissant s’établir en son sein une puissance mille fois plus forte que la sienne », la loi fut votée. A la fin de sa vie, en 1878, M. De Falloux présentait ainsi ses conceptions : « Dieu dans l’éducation ; le Pape à la tête de l’Eglise ; l’Eglise à la tête de la civilisation ; voilà le programme que je m’étais tracé dans ma courte  carrière politique ; j’avoue qu’aujourd’hui encore, il me parait suffisant ». La Revue Occidentale  résume plus crûment : « Le curé doit être le maître dans l’école ».

D’abord sauver la République ; la loi Ferry

Revenant en 1905 sur la longue évolution vers la laïcité[4], Jeannolle, alors Directeur du Positivisme  (il a succédé  à Pierre Laffitte) explique ainsi l’action des Positivistes en cette période extraordinairement délicate, où la République parvint de justesse à s’imposer à une Assemblée majoritairement monarchique et divisée : « Au fond, on redoutait la guerre civile. On savait que le clergé catholique était, dans son ensemble, hostile à la forme républicaine du Gouvernement, qu'il était le lien commun de toutes les factions rétrogrades, et son influence paraissait encore assez grande et ses fidèles assez nombreux pour que la dénonciation du Concordat et la suppression du budget ecclésiastique fissent courir de sérieux dangers à la République. Or, le renversement de la République eût été le signal d'une réaction cléricale qui nous aurait fait rentrer inévitablement dans la période des révolutions et des guerres dynastiques dont la France saignait encore […] L'attitude des positivistes à cet égard a été jusqu'à présent une attitude expectante. Ils n'ont jamais cessé de soutenir le principe de liberté spirituelle posé par Auguste Comte ; ils se sont depuis longtemps prononcés sur la contradiction de ce principe avec la reconnaissance exclusive par l'État de certains cultes qui ont ainsi, à l’égard des autres doctrines et religions, un privilège inadmissible. Ils ont constamment demandé la neutralité complète de l’État en matière confessionnelle avec toutes ses conséquences. Ils ont pareillement protesté contre la liaison trop étroite de notre politique extérieure avec les intérêts catholiques. Mais ils sont, en tout cela, restés sur le terrain des principes, laissant au gouvernement le soin de déterminer la nature et l'étendue des mesures à prendre, d'après le degré d'opportunité qu'elles présentent et qu'il est mieux que personne en état d'apprécier. Il y avait à cette attitude réservée des positivistes des motifs qu'il n'est pas inutile de rappeler. Il est tout d'abord évident qu'il ne suffit pas de proclamer un principe, fût-il incontestable et même incontesté, pour que le gouvernement s'empresse de le mettre en pratique ». Fidèle à sa propre doctrine, le Positivisme veut agir directement sur l’opinion publique : « C'est aux propagateurs de doctrines à se faire croire, et d'abord par le public, puisque c'est de lui qu'émanent aujourd'hui, directement ou indirectement, tous les pouvoirs. Quand il sera convaincu, il ne tardera pas à faire surgir les hommes capables de réaliser ses aspirations ». Cette attitude était facilitée par une grande proximité idéologique avec Jules Ferry, qui, plus encore que Gambetta, n’hésitait pas à se réclamer du positivisme, et elle se calque exactement sur son action. Jeannolle rappelle : «  Pour Jules Ferry qui, certes, ne pouvait être suspect de cléricalisme, la réforme n'était pas mûre. « Commencez, disait-il à ceux qui le pressaient de présenter un projet de loi supprimant le budget des cultes, commencez par faire la séparation vous-mêmes et dans vos familles, n'allez plus à l'église, mariez-vous civilement, ne faites plus baptiser vos enfants, en un mot, prêchez d'exemple et obtenez qu'on vous imite. Quand il y aura en France un assez grand nombre de personnes vivant complètement en dehors des cultes reconnus, le Gouvernement pourra intervenir utilement. Mais, pour le moment, il serait excessif d'imposer à tous par une loi une séparation que si peu d'hommes osent s'imposer à eux-mêmes[5] ». Alors, en leur temps, purent venir les lois Ferry de 1881-1882 qui instaurèrent l’Ecole primaire gratuite, obligatoire et laïque, plutôt  approuvées par les positivistes : « la disposition capitale, c’est la laïcité ».

Positivistes contre catholiques : «  leur objectif est identique au nôtre, c’est l’éducation ».

Le parti catholique ne s’est pas résigné aux lois Ferry et, appuyé sur les congrégations religieuses enseignantes,  entame dans chaque village, dans chaque assemblée, une lutte  contre l’Ecole sans Dieu. En 1891, dans la Revue Occidentale, lors du discours annuel de la Fête de l’Humanité (positiviste !, 1er janvier), Jeannolle, après avoir rendu l’hommage obligatoire pour tout disciple de Comte au rôle historique du catholicisme[6], sonne le tocsin face à une situation qui lui apparait d’autant plus dangereuse que l’Eglise a cessé de combattre frontalement la République pour se rallier à la stratégie de Falloux - « établir l’Eglise dans la République »-, et appelle à un véritable combat politique :[7]

« Il faut, comme le disait naguère M. Laffitte, distinguer entre le catholicisme en tant que religion et le catholicisme en tant que parti politique. Envers le parti clérical, le cléricalisme, nous ne pouvons avoir qu'une attitude de combat, car c'est l'ennemi de tout ce que nous aimons et désirons. Il n'y a pas de pièges à lui tendre, ni de concessions à lui faire […] Nous ne pourrons sympathiser avec les catholiques que lorsqu'ils ne formeront plus un parti politique, quand leur Dieu (c'est-à-dire leurs prêtres) n'aura plus aucune place, ni dans l'Etat, ni dans l'école, mais seulement dans ses temples où ses fidèles pourront toujours venir l'adorer librement. Nous ne voulons pas les opprimer, ni les persécuter, mais nous ne voulons plus être opprimés, ni persécutés par eux. Or, leurs persécutions n'ont cessé que là où ils ont cessé d'être les plus forts; partout ailleurs elles continuent et, tout récemment, elles ont pris un surcroît d'acuité dès que le mot d'ordre a été donné, et que l'espoir du triomphe est revenu à la voix des évêques se ralliant à la République pour en devenir les maîtres ».

En 1900, Jeannolle appelle au combat pour préserver le caractère laïc de l‘enseignement, considéré par les positivistes comme organe principal du pouvoir spirituel, et résume ainsi une situation qui devient inquiétante :   « C'est surtout en France que nous sommes tenus d'insister aujourd'hui sur les incompatibilités nombreuses, non seulement en philosophie, non seulement en politique, mais surtout en morale sociale, qu'il y a entre le catholicisme et le Positivisme […] II est bien évident que les catholiques, tant qu'ils n'auront pas perdu l'espoir de redevenir les maîtres, bien loin de venir à nous, seront au contraire pour nous des adversaires implacables. Leur objectif est identique au nôtre : c'est l'éducation. […] Au fond, quelles que soient les apparences, la lutte porte en ce moment sur la suppression d'un mot dans notre loi scolaire : le mot laïcité. Que l'instruction redevienne confessionnelle, par la faiblesse ou la complicité du Parlement, et la France redeviendra bientôt une puissance catholique comme l'Espagne et aura vraisemblablement le même sort […] Pour les positivistes comme pour tous les républicains, le mot de Gambetta reste vrai : Le cléricalisme, voilà l'ennemi ! C’est même le seul ennemi, car les socialistes, dont on a voulu nous faire un épouvantail, se trouvent être aujourd'hui les plus fermes défenseurs de l'ordre républicain et de la liberté spirituelle.[8] »

La Revue Occidentale résume ainsi la situation : ce n’est pas le  « régime de l’Église libre dans l'État libre, mais celui de l’Église armée dans l’État désarmé ». Il va falloir aller plus loin, vers la séparation de l’Eglise et de l’Etat. Dans la France chauffée à blanc par la loi de 1901, qui, durcie par le ministère Combes, en vient à interdire d’enseignement les congrégations religieuses, les Positivistes  demandent à « l’apôtre américain » Henry Edger, peut-être supposé plus neutre, de définir leur position.

Le rapport Edger[9]

Le rapport Edger commence par replacer la séparation de l’Eglise et de l’Etat dans le contexte positiviste de la séparation des pouvoirs temporels et spirituels, et s’ouvre par ces mots : « Il y a plus d'un demi-siècle qu'Auguste Comte a attiré l'attention des penseurs sur la nécessité politique du grand principe sociologique de la séparation des deux pouvoirs. Ce principe a été malheureusement méconnu jusqu'à présent ; cependant l'opinion s'y achemine empiriquement par le mouvement en faveur de la séparation des Eglises et de l'Etat ». Edger propose une brève définition du pouvoir temporel (il lui appartient « d'assurer l'ordre public pour le bon fonctionnement social garantissant tant l'indépendance de chaque individu que le concours volontaire entre eux. L'action de ce pouvoir est essentiellement d'ordre pratique, temporaire et intermittent ») et du pouvoir spirituel (« Ce pouvoir est celui de tous ceux qui méditent, enseignent et conseillent. C'est le pouvoir théorique et moral. Ne commandant jamais, il doit se borner à persuader ou à démontrer, laissant à la conscience de chacun la faculté de suivre ses enseignements ou conseils. Mais ce pouvoir doit toujours être librement accepté et jamais imposé par la force brutale. Chacun doit être libre d'accepter ou de rejeter telles ou telles croyances ou doctrines ou bien d'y choisir ce qui lui convient ; par conséquent toutes les doctrines doivent jouir d'une pleine et égale liberté quant à l'exposition et à la discussion de leurs théories quelconques »).

Et cela a une conséquence, clairement énoncée : « Cette condition ne saurait exister tant que le pouvoir temporel favorise ou protège certaines doctrines, puisque cela met en infériorité toutes les autres ; c'est donc aux adhérents de subvenir directement aux besoins matériels de leurs doctrines respectives. ». Donc, suppression du budget  de tous les cultes : « Personne ne sera obligé, même indirectement, de subventionner malgré lui des doctrines ou religions d'Etat auxquelles il peut être non seulement indifférent mais même radicalement hostile. Situation aussi incompatible avec la liberté de chaque citoyen qu’avec la dignité et même la moralité des pouvoirs spirituels ainsi stipendiés ».

S’il dénonce spécifiquement l’ « hypocrite » usage du mot liberté par le parti catholique, Edger va bien au-delà et appelle à la lutte contre tous les cléricalismes, même ceux qui ne sont pas encore établis : « Il est vrai, hélas, que l'esprit et le goût de l’oppression spirituelle ne sont plus exclusifs au parti catholique, mais l’oppression théocratique a gagné presque tous les partis quelconques, même radicaux et athées ; tous veulent imposer des doctrines (plus ou moins rétrogrades ou anarchiques), tous redoutent la concurrence des autres doctrines et même la discussion approfondie de leurs propres conceptions plus ou moins théologiques ou métaphysiques […] Tous les partis ont, plus ou moins, le même désir de se pourvoir de la force, c'est-à-dire du Gouvernement, pour mieux faire prévaloir leurs opinions ou théories ; pour triompher des doctrines adverses, tous comptent davantage sur la force matérielle que sur la force spirituelle librement émanée de leurs propres doctrines. Telle est la tendance inconsciente de beaucoup de docteurs de toutes robes. C'est cette tendance qui constitue l'âme du véritable cléricalisme : car le cléricalisme, dans son sens le plus général, c'est l'oppression temporelle exercée par une corporation d'érudits afin d'imposer leurs doctrines ou conceptions quelconques ; il peut donc y avoir toutes sortes de cléricalismes. Quelle que soit la nature des doctrines ou conceptions, tout groupe d'érudits ou de penseurs peut faire naître un cléricalisme correspondant : catholique, protestant, métaphysique, déiste, révolutionnaire, anarchiste, matérialiste, etc., ou même scientifique. Toute tentative politique ayant pour but d'imposer ou de répandre une doctrine quelconque ou bien de supprimer ou d'entraver le développement d'une doctrine rivale ou antagoniste, sera simplement un cléricalisme.[10] Or tout cléricalisme est un danger constant et réel pour le progrès de l'évolution humaine, parce qu'il est une entrave au libre développement des idées et doctrines indépendantes ou nouvelles. Il est aussi un danger pour l’ordre et la paix publics. Il est donc urgent, tant en vue du progrès que de l'ordre, d'y porter un remède efficace ; le seul réel c'est d'extirper le cléricalisme jusqu'à sa racine par la séparation des deux pouvoirs ».

Edger semble concevoir la possibilité d’un cléricalisme laïc, qui serait une trahison de la laïcité, contre laquelle il met en garde : « En conseillant les mesures propres à la séparation des deux pouvoirs, devenue aussi nécessaire à Tordre qu'au progrès, Auguste Comte s'est toujours inspiré d'un esprit d’équité et de justice en dehors de toute haine contre une croyance quelconque, haine que le Gouvernement ne doit jamais entretenir ». Et, en ce qui concerne l’éducation, le rapport en reste à la prudence de Jules Ferry : « On ne permettra pas que la laïcité puisse servir de prétexte (comme cela arrive quelquefois aujourd'hui) à des déclamations hostiles envers des croyances arriérées, la laïcité officielle devant simplement se borner à rester en dehors de toutes ces croyances indémontrables. Elle respectera les croyances des parents aussi bien que le développement spontané et ultérieur des enfants qui finalement choisiront, parmi les croyances ou doctrines, celle qui leur convient le mieux». A cela, Edger ajoute une considération à la fois morale et politique : les Républicains ne peuvent, ni ne doivent, se servir des armes du despotisme théologique, sauf à risquer de les voir persister et, un jour, au gré des avatars politiques, à nouveau tournées contre eux : « La défense républicaine fut toujours compromise par le régime de la confusion des pouvoirs ».

Et Edger termine son rapport par les propositions suivantes : « 1. — Que la séparation des Eglises et de l'Etat soit effectuée non par haine sectaire, ni même par esprit d'économie, mais d'après le principe de la Séparation des deux pouvoirs, temporel et spirituel, unique base de la véritable liberté spirituelle pour tous. 2. — Que l'abolition du budget des cultes soit faite avec tous les égards convenables aux personnes en assurant l'existence de tous les membres du clergé, qui, parvenus à la pleine maturité ne peuvent changer de carrière, par le maintien viager de leur traitement. Que l'on facilite aux autres le choix d'une meilleure situation, en prolongeant pendant sept ans leurs salaires actuels. 3. — Suppression de tous les privilèges des Eglises et de l'appui officiel accordé aux Missions. 4. — Extension de la liberté par la suppression du droit de timbre pour les affiches non commerciales ; la police de la presse, même affichée, ne doit consister que dans l'obligation de tout signer, complétée par l'exacte indication du domicile de chaque auteur.

La loi de 1905, dans ses articles un et deux, fut assez fidèlement conforme aux vœux des positivistes : Article 1er : « La République assure la liberté de conscience. Elle garantit le libre exercice des cultes [...] ». Article 2 : « La République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte.  Elle fut saluée par les Positivistes par la reprise du vieux mot d’ordre de Pierre Laffitte : Dieu n’est plus d’ordre public.

La laïcité, pour les Positivistes, c’était donc d’abord  la « liberté véritable contre la liberté hypocrite des théocrates et des métaphysiciens ». Pour sortir de ces situations où « les revendications pour la liberté ne servaient que d’étendard et de cri de guerre, et, souvent de prétextes pour la lutte d’un parti comme un autre, avec le résultat que la liberté changeait d’oppresseur et c’était tout », Edger et les Positivistes défendaient l’idée que la véritable liberté ne peut exister que basée sur un principe sociologique (et positiviste) solide, celui de la séparation des deux pouvoirs, temporel et spirituels. Edger résumera ensuite ses convictions en un slogan qui sera souvent repris par ses coreligionnaires : « Liberté, liberté totale d’exposition, de discussion, d’appréciation ». C’est pour cela que se glisse dans son rapport sur la laïcité  la revendication d’un affichage libre – un équivalent possible pour aujourd’hui serait, dans les pays démocratiques, l’absence de censure sur Internet, à condition que les auteurs ne se dissimulent pas derrière l’anonymat.

Ordre et Progrès : la laïcité fondait et assurait l’ordre républicain  par la neutralité de l’Etat ; et elle assurait le progrès par la libre confrontation des idées : « Pour que l'évolution poursuive sa marche, il faut qu'une concurrence puisse toujours librement s'établir entre toutes les théories, dogmes ou doctrines, théologiques ou scientifiques, nouveaux ou anciens, de manière que l'opinion publique puisse les apprécier et les juger tous, afin de saisir la vérité partout où elle se trouve ».[11] La République est mieux assise : « la confusion continue des pouvoirs temporels et spirituels est une source constante de perturbation politique par la lutte des partis visant l'imposition officielle de leurs conceptions générales dans l'éducation » ; et, conclut Edger, le Positivisme s’ouvre un avenir radieux : « Seule la liberté spirituelle peut favoriser l’avancement décisif des lumières positives, et hâter l’évolution de la civilisation humaine, garantissant et conciliant enfin l’Ordre et le Progrès ».

Le rôle de l’Etat dans l’éducation

La séparation de l’Eglise et de l’Etat a-t-elle terminé la lutte séculaire contre l’anticléricalisme ? Certains comme Maurice Ajam[12] veulent aller plus loin et proposent la transformation de l’enseignement en service public, un service qui serait confié à l’Université, qu’il « y aurait avantage à rendre aussi indépendante que possible des pouvoirs publics ». La formulation est prudente, mais elle choque certains positivistes qui se souviennent qu’Auguste Comte réclamait la suppression du budget des Cultes et celle du budget Universitaire, afin d’assurer à l’Université une indépendance complète vis-à-vis de l’Etat ; les mêmes avaient reproché à Pierre Laffitte son acceptation d’une chaire au Collège de France, au motif que le chef du pouvoir spirituel positiviste ne devait accepter aucune rétribution de l’Etat —  Pierre Laffitte avait répondu en arguant du caractère particulier du Collège de France, qui lui assurait une parfaite liberté intellectuelle, et du fait que la recommandation d’Auguste Comte ne s’appliquait qu’ à l’ « état normal », l’état final de l’évolution positiviste. La Revue Occidentale considère que « si l’on souhaite la suppression, non seulement légale, mais réelle de l’enseignement clérical, et si, pour obtenir ce résultat, il faut subir les inconvénients du monopole de l’Université, nous nous y résignons. Mais le faut-il ? Cela mérite une discussion approfondie entre républicains ».[13] D’autres positivistes, pour renforcer l’autorité et l’indépendance de l’Instituteur, proposent qu’il soit inamovible, « comme le prêtre de canton ».

Ces divergences entre positivistes sur le rôle de l’Etat laïc dans l’éducation avaient déjà fait l’objet d’un vif débat  de l’autre côté de l’Atlantique. L’un des principaux introducteurs du positivisme au Brésil, Benjamin Constant Botelho de Magalhães, populaire et respecté professeur de mathématiques à l’Ecole Militaire de Rio, s’était vu demander par les apôtres intransigeants de l’Apostolat Positiviste (Lemos et Mendes) de renoncer à sa position de fonctionnaire. Ce fut encore plus inconfortable lorsqu’il devint le principal organisateur du coup d’Etat qui mit fin à l’Empire (1889) et établit la République Brésilienne, dont il fut nommé ministre de la Guerre et de l’Instruction Publique. Sous son influence, la République brésilienne réalisa la Séparation de l’Eglise et de l’Etat avant la France ; de facto, l’administration et les armées de la jeune république brésilienne se trouvèrent truffées d’admirateurs et de disciples positivistes de Benjamin Constant, dont l’un des plus remarquable fut le général Rondon, qui établit la première ligne télégraphique en Amazonie, organisait en pleine forêt  des cérémonies positivistes pour ses troupes et les Indiens, et fonda le Service de Protection des Indiens. Benjamin Constant se réclama du positivisme jusqu’à la fin de sa vie et fut enterré civilement. Du moment que l’Etat ne privilégiait aucune croyance, il ne voyait aucune contradiction entre la séparation des pouvoirs spirituels et temporels, et le fait que, par exemple, l’Etat assure la formation des enseignants par l’institution d’écoles normales et que les enseignants soient fonctionnaires.

Le jeune et charismatique Président du Rio Grande do Sul, Julio de Castilhos, se voulut plus fidèle aux conceptions originelles de Comte. Il s’en expliqua ainsi [14]: « La constitution de cet état, basé sur la séparation  des deux pouvoirs consacre la pleine liberté spirituelle : ni religion, ni enseignement officiel […] Il ne suffisait pas décréter la fin du culte officiel, déjà consacrée par la Constitution fédérale, conformément au mémorable décret du gouvernement provisoire de la République sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, il fallait éliminer aussi la science officielle. Si l’Etat n’a pas une religion propre, il ne doit pas davantage avoir une science à lui, ni une science privilégiée ; si l’Etat n’est pas religieux, il ne peut pas non plus être scientiste […] Plus cohérente que la Constitution fédérale qui, tout en abolissant la religion officielle, tolère le maintien de cours d’enseignement supérieur administrés au nom et pour le compte du gouvernement de l’Union, la loi primordiale du Rio Grande Do Sul autorise tout au plus le maintien de l’enseignement primaire, laïque et libre, laissant à l’initiative privée l’institution de l’enseignement supérieur pour ne conférer au gouvernement que des fonctions purement temporelles, les seules qui lui soient propres , facilitant ainsi la libre concurrence des doctrines, débarrassées de la protection officielle, dénuées de préférences arbitraires et odieuses ». En application de cette doctrine, son  gouvernement institua à Porto Alegre des facultés libres de Médecine et de pharmacie, d’obstétrique et de génie civil qui fonctionnèrent un certain temps.

Le rôle de l’Etat dans l’éducation faisait donc débat chez les Positivistes ; en France, comme au Brésil, ils s’accommodèrent généralement,  et même défendirent, le rôle de l’Etat dans l’organisation des enseignements primaires et secondaires. En France, dans le cas plus controversé de l’Enseignement Supérieur, les lois Ferry, et finalement Poincaré (10 juillet 1896) qui organisaient les Universités sur un mode corporatiste, avec une large autonomie vis-à-vis de l’Etat —  le Professeur d’Université n’était pas fonctionnaire, mais exerçait une profession libérale , leur convinrent assez bien. Finalement, sur cette question, les Positivistes s’appliquèrent à eux-mêmes une version assez commode de la séparation des pouvoirs, « laissant au gouvernement le soin de déterminer la nature et l'étendue des mesures à prendre, d'après le degré d'opportunité qu'elles présentent »…

Positivisme et  morale laïque

Auguste Comte, dans la dernière version du positivisme avait fait de la morale la septième science, et l’une des principales contributions de Pierre Laffitte avait été la rédaction  d’un Cours de Morale, selon les indications laissées par Comte, qu’il enseigna de 1886 à 1889. Un exposé de la  conception positiviste de la morale (résumée à gros traits : «connaître, aimer, servir les grandes entités collectives - la Famille, la Patrie, l’Humanité ») dépasse le cadre de cet article ; mais le moins qu’on puisse dire est que les Positivistes avaient des idées assez précises pour que l’Ecole sans Dieu ne soit pas une école sans morale, et sur ce qu’il fallait y enseigner- une morale laïque.

Et ils surent se faire entendre. Le congrès d’Amiens de 1904 de la Ligue de l’Enseignement, justement consacré à la question de la morale laïque, se déroula sous forte influence positiviste ; influence directe par les interventions de Georges Lafargue[15], préfet retraité, vieux militant positiviste de plus de trente ans et passionné par les questions d’éducation ; influence indirecte par l’ascendant de personnalités comme Lévy-Bruhl, titulaire de la chaire d’histoire de la philosophie moderne à la Sorbonne qui, après avoir publié sa Philosophie d'Auguste Comte (1900), avait écrit en 1903 La Morale et la science des mœurs, dont le titre indique déjà l’orientation positiviste.

Georges Lafargue fit valoir que laïque ne devait pas rester un « terme plutôt négatif, par lequel on entend exclure toute morale religieuse […] en laissant dans le vague le caractère réel de la morale qu'on veut y substituer ». Il ferrailla contre la morale « spiritualiste » des Kantiens dont il critiqua la « fragilité des fondements », insistant sur « la nécessité de donner pour base à la morale, afin qu'elle s'impose à tous les esprits, l'ensemble des sciences ». La morale laïque est « la morale scientifique, qui a pour objet l'étude des faits moraux de tous les temps et de tous les pays, au même titre que la biologie et la sociologie, dont elle dépend étroitement » —  tous constats parfaitement positivistes. Sur un autre front, il combattit également les morales matérialistes, à prétention scientifique mais « empiriques et contestables », morales utilitaristes  « qui ne tendraient qu'à développer les instincts égoïstes en habituant les enfants, les futurs hommes à régler exclusivement leur conduite sur l'intérêt, même bien entendu, et en négligeant de faire appel aux sentiments plus élevés de solidarité, d'amour, de générosité, de sacrifice même ».

Le congrès d’Amiens produisit une série de recommandations qui constituent une vulgate positiviste prête à l’emploi et de nature à rallier tous les républicains[16] : « — La morale laïque s'appuie sur la raison pour le développement de la liberté individuelle et l'accomplissement de la justice par la solidarité. — Tout enseignement laïc et moral s'inspire des principes suivants : La morale est le produit de l’évolution humaine ; par son perfectionnement méthodique, elle devient de plus en plus scientifique. Elle est exclusivement laïque. Elle a un objet purement humain qui est de régler les rapports entre les hommes et entre les peuples suivant les lois de la raison et d'après les données de la science.  — Que le chapitre des devoirs envers Dieu soit supprimé dans les programmes officiels et qu'on y substitue, dans ceux des écoles normales des notions sommaires d’histoires des religions. — Qu'il soit procédé, par les soins du Ministre, de l'Instruction publique, dans les plus brefs délais, à une refonte du programme et des règlements administratifs relatifs à l'enseignement de la morale dans les écoles primaires. — Que la laïcité et la neutralité de l'enseignement secondaire soient assurées par l'emploi exclusif des locaux et du personnel à une tâche purement scolaire, afin que, selon le mot de Macé, « le maître soit à l'école et le prêtre à l'église ». — Que l'enseignement primaire supérieur et l'enseignement secondaire comprennent, comme préliminaire indispensable, un exposé historique sommaire de toutes les solutions religieuses actuellement suivies… » (question toujours d’actualité). Ce programme fut approuvé par Ferdinand Buisson, ancien Directeur de l’Enseignement de Jules Ferry,  présent au congrès.

Actualité de la laïcité positiviste

Selon la conception positiviste de la laïcité, celle-ci résulte d’une évolution des mentalités et des sociétés selon la loi des trois états ; et une fois les conceptions théologiques dépassées, et la transition vers l’état positif  effectuée, il n’y a pas de retour en arrière possible, tout au plus  quelques crises rétrogrades temporaires. Le positivisme pose le principe d’une évolution universelle des civilisations ; inévitablement confrontées non seulement aux résultats, mais aux méthodes de la science moderne, toutes évolueront vers une forme de laïcité.

La séparation des églises et de l’Etat (Dieu n’est plus d’ordre public) ne constitue qu’un aspect d’un principe plus général, celui de la séparation des pouvoirs temporels et spirituel (qui agit sur l’opinion), principe qui seul peut assurer la liberté —  le principe antitotalitaire par excellence. Il existe un lien indissoluble entre laïcité et liberté d’exposition, de discussion, d’appréciation des doctrines philosophiques, morales, politiques quelconques. En conséquence, la laïcité positiviste devrait veiller à assurer la plus grande indépendance possible des media vis-à-vis des puissances temporelles, gouvernementales, mais aussi financières - y avons-nous assez prêté attention et n’avons-nous pas laissé en ce domaine s’accomplir une certaine rétrogradation ? — les religions ne sont pas seules à menacer la laïcité.

La laïcité est une conséquence de la sortie de l’âge théologique : « Si les conceptions théologiques sont impuissantes à régler chaque homme, comment pourraient-elles désormais rallier les hommes entre eux, ce qui est le signe certain de l'efficacité d'une doctrine ? »[17]. L’ordre théologique, détruit, doit être remplacé ; aussi, la laïcité suppose-t-elle la définition et l‘enseignement d’une morale laïque, que les positivistes pensent supérieure à la morale théologique, pour son efficacité, et aussi parce que l’homme ne fait plus le bien par crainte  d’un châtiment divin, mais par l’éducation et la culture des sentiments altruiste : « l’Homme n’est plus citoyen du Ciel, mais de la Terre » (Pierre Laffitte).

Pour l’individu, la laïcité accomplit la promesse d’émancipation issue du cartésianisme et des Lumières ; elle permet le franchissement du formidable écart qui sépare, suivant le mot d'Auguste Comte,  « les esclaves de Dieu  des  serviteurs de l'Humanité ». « Et l’Humanité, pensaient les positivistes, définitivement délivrée des préjugés qui entravent sa marche, se dirigera d'un pas plus ferme et plus régulier vers le Progrès, vers l'Ordre, vers la Paix et la  Fraternité ».

Aucune société, pensait Comte, ne peut vivre sans une « doctrine sociale commune » : « Dans une population où le concours indispensable des individus à l’ordre public ne peut plus être déterminé par l’assentiment volontaire et moral accordé par chacun à une doctrine sociale commune, il ne reste d’autre expédient, pour maintenir une harmonie quelconque, que la triste alternative de la force ou de la corruption ».[18]

 La laïcité est donc au cœur de la doctrine sociale commune de la République, elle n’est pas négociable, et, en ce sens l’état laïc n’est pas neutre : il ne peut traiter de la même façon les doctrines qui acceptent et celles qui refusent la laïcité. Si la liberté d’expression doit être respectée, il en va autrement des comportements, menaces, pressions quelconques, sans parler des violences. Il est du rôle du politique d’apprécier empiriquement si des accommodements sont souhaitables et utiles, mais ils ne peuvent être que très temporaires et très limités ; dans la France de Jules Ferry, ils se limitaient à parfois attendre la réfection des classes pour en enlever le crucifix, rappelait récemment Mona Ozouf. 

 

ERIC SARTORI



Ouvrages d'Éric Sartori:

Le Socialisme d'Auguste Comte, aimer, penser, agir au XXIème siècle, l'Harmattan 2012

Histoire des grands scientifiques français, Plon, 1999

L’Empire des Sciences, Napoléon et ses savants, Ellipse, 2003

Histoire des femmes scientifiques de l’Antiquité au XXe siècle, Plon, 2006

Les Positivistes et la Chine, Monde Chinois, Nouvelle Asie, no 40 pp.117-129 (2014)

La Religion de l'Humanité de Frederic Harrison ; positivisme contre ploutonomie, Revue du Mauss, n° 43, pp. 309 à 323(2014/1)


[1] Dans l’état théologique, l’esprit humain « se représente les phénomènes comme produits par l’action directe et continue d’agents surnaturels ». Dans l’état métaphysique, l’esprit substitue aux dieux des principes abstraits. Dans l’état positif, l’esprit renonce à la connaissance des causes premières (la connaissance devient relative) et se concentre sur la recherche des lois selon lesquelles les phénomènes sont produits. La connaissance, au stade théologique, repose sur la fiction ou l’inspiration, au stade métaphysique sur l’abstraction et au stade positif sur la démonstration.

[2] Lorsque les deux pouvoirs sont confondus, « il n’y a pas d’alternative entre la soumission la plus abjecte et la révolte directe » (Auguste Comte, Opuscules de philosophie sociale, p.237, Ernest Leroux, (1883)

[3] Gaseau, G. Falloux et la liberté de l'enseignement, Revue Occidentale, seconde série, tome XI, p.383 (1899)

[4] Jeannolle, Ch. De la Liberté Spirituelle,  Revue Occidentale, seconde série,  tome XXXI, p. 293  (1905)

[5] Prêchant par l’exemple, Jules Ferry se fit enterrer civilement en 1893.

[6]« Les positivistes ne déclarent pas plus la guerre au catholicisme qu'aux autres religions […] ils rendent pleine justice aux services qu'il a rendus dans le passé ».

[7] Jeannolle, Ch. De la conciliation entre l’Humanité et la Patrie, Revue Occidentale, seconde série, tome III, p.110 (1891)

[8] Jeannolle, Ch. De la relativité du positivisme, Revue occidentale, seconde série, tome XXI, p.10 (1900)

[9] Edger, H. Rapport présenté à la société positiviste sur la liberté spirituelle et la séparation des églises et de l'état d'après le principe sociologique de la séparation des deux pouvoirs, Revue Occidentale, seconde série, tome XXIX, p.160 (1904)

[10] Edger se réfère ici à une définition de Comte lui-même : « Toute tentative politique ayant pour but d'imposer ou de répandre une doctrine quelconque, ou bien de supprimer ou d'entraver le développement d'une doctrine rivale ou antagoniste, sera simplement un cléricalisme ». (Discours sur l’ensemble du Positivisme)

[11] A la dénonciation unilatérale du Concordat par la République, l‘Eglise gagnait au moins ceci : le droit complet de désigner les évêques et donc de fixer librement sa doctrine.

[12] Député, puis sénateur radical de la Sarthe (1861-1944), aussi auteur du seul roman affiché comme roman positiviste (Transition, roman positiviste, 1905)

[13] Ajam, M. La fin de l’anticléricalisme et la liberté de l’Enseignement, Revue Occidentale, seconde série, t. XXX p. 236 (1904)

[14] Julio de Castilhos, L’enseignement supérieur libre dans l‘Etat de Rio Grande do Sul, Revue Occidentale, seconde série, tome XVIII, p.6 (1899). L’état Rio Grande Do Sul fut gouverné par un parti positiviste jusqu’en 1930 — et même jusqu’en 1945, pour ceux qui considèrent Getulio Vargas comme un héritier légitime du Parti Républicain Riograndese de Castilhos, où il commença se vie politique.

[15] Georges Lafargue, Des programmes de l’Instruction publique, Philosophie Positive, X,  no 5, pp. 217-235 (1873) ; Esprit des programmes d’une nouvelle université, id., XVII, 1, pp. 5-25 (1876)

[16]  Lafargue, G. La Morale au Congrès d’Amiens, Revue Occidentale, seconde série, t. XXXI , p. 157 (1905)

[17] Momenheim, L. Bulletin de France,  Revue occidentale, seconde série , tome XV (1897) 

[18] Système de Politique Positive, t. IV, p.88




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