Augmenter le texte Diminuer le texte

Présentation du dossier Autour d'un livre, La Révolution québécoise : Hubert Aquin et Gaston Miron au tournant des années soixante, de Jean-Christian Pleau

Un texte de Daniel Tanguay
Dossier : Autour d'un livre: La Révolution québécoise: Hubert Aquin et Gaston Miron au tournant des années soixante, de Jean-Christian Pleau
Thèmes : Histoire, Identité, Mouvements sociaux, Québec
Numéro : vol. 6 no. 1 Automne 2003 - Hiver 2004

Jean-Christian Pleau,

La Révolution québécoise : Hubert Aquin et Gaston Miron au tournant des années soixante,

Montréal, Fides, 2002, 276 p.

 


 “ Autour d’un livre ” présente un ouvrage qui ne dépaysera pas nos fidèles lecteurs. L’ouvrage de Jean-Christian Pleau aborde en effet deux thèmes qui ont régulièrement fait surface dans nos pages : celui de la révolution et celui de la “ question québécoise ”. Je ne surprendrai personne en déclarant qu’Argument n’est pas une revue révolutionnaire. Ce qui ne veut pas dire, toutefois, que l’idée de la révolution ne suscite pas notre intérêt. Dans nos pages, nous avons exploré de diverses manières la transformation contemporaine de l’idée révolutionnaire. D’où jaillit cet intérêt persistant pour une passion que nous ne partageons pas? À la revue, nous sommes tous les enfants d’une révolution, voire de plusieurs révolutions avortées. Une bonne part de nos efforts vise justement à préciser notre rapport à l’égard de ces révolutions avortées, afin de définir une posture qui, tout en évitant la nostalgie révolutionnaire, ne renonce toutefois pas à être critique envers le temps présent.

Cette interrogation nous ramène à un autre thème cher à notre revue, soit à la réflexion sur la Révolution tranquille et sur son sens ultime pour le destin de notre collectivité. La thèse provocante du livre de Pleau est que la Révolution tranquille fut en fait le résultat de l’échec de la Révolution québécoise. À défaut d’une Révolution globale de l’être collectif, nous aurions eu une Révolution tranquille qui aurait laissé intact le dilemme dans lequel se trouve la collectivité québécoise. Alors que la Révolution québécoise promettait l’émancipation collective, la Révolution tranquille a fait advenir la souveraineté de l’individu, rendant du même coup moins pressant le désir de souveraineté collective. Il s’agirait donc de retourner aux sources intellectuelles de la Révolution québécoise — en l’occurrence, les œuvres d’Hubert Aquin et de Gaston Miron — pour mieux comprendre ce que nous aurions pu devenir et ce que nous sommes devenus. L’on verra à travers les contributions de Serge Cantin, de Brigitte Faivre-Duboz, de Louise Bienvenue et de l’auteur lui-même, que cette relecture suscite de nombreuses interrogations qui ainsi maintiennent ouvert le débat autour de l’héritage de la Révolution tranquille.



Daniel Tanguay





 


Téléchargement PDF

Retour en haut

LISTE D'ENVOI

En kiosque

19-2
Printemps-été 2017

Trouver UN TEXTE

» Par auteur
» Par thème
» Par numéro
» Par dossier
Favoris et partager