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Le présent et le monde à venir

Un texte de Pierre Lévy
Dossier : Autour d'un livre: Après l'homme... le cyborg de Jacques Dufresne
Thèmes : Revue d'idées, Science
Numéro : vol. 2 no. 2 Printemps-été 2000

Pierre Lévy [1]

 

Je suis en profond désaccord avec le livre de Jacques Dufresne “ Après l’homme, le cyborg ? ”. Néanmoins, ce désaccord se détache sur un fond partagé, à savoir un profond souci éthique et une mystique de la présence. Que l’éternité se trouve dans l’instant n’enveloppe absolument pas condamnation de l’histoire et des efforts de l’humanité pour améliorer sa condition spirituelle et matérielle. C’est pourtant ce raisonnement que ne cesse de décliner Jacques Dufresne sur tous les tons dans son ouvrage : puisque la perfection se trouve au plus secret de la présence, tout ce qui nous la fera chercher dans l’avenir nous fourvoie.

Pour exposer mon point de vue, je développerai successivement deux arguments, un argument éthique et un argument anthropologique, dont on verra qu’ils se rejoignent.

Sur un plan éthique, il est parfaitement exact que l’attention vigilante au présent soit le sol de toute morale, de toute pensée vraie, de toute parole sincère, de toute action juste et le fondement de la bonne vie. Mais comment faut-il entendre cette attention au présent ? Certes, c’est dans l’instant et seulement dans l’instant que nous recevons le don merveilleux de l’existence, avec toutes ses qualités sensibles, sa lumière, sa texture, son parfum. C’est donc aussi dans l’instant que s’élève notre émerveillement, notre reconnaissance et peut-être notre prière. Le présent est non seulement la seule “ chose ” (insaisissable, sans substance) qui existe réellement mais également la seule source de joie qui ne soit pas trompeuse puisqu’elle est .

Mais l’attention au présent enveloppe encore une autre dimension : cette vigilance que nous devons exercer sur nos intentions, nos impulsions, nos passions, sur les moindres mouvements de notre âme au moyen de l’œil de l’esprit ou du discernement (peu importe comment nous nommons cette faculté qui se raffine par la discipline spirituelle). Car c’est en ce moment même, dans le présent, que se décide le cours de notre vie et de celle des êtres qui nous entourent. Céderons-nous à la peur, à la paresse, à la colère, à l’avidité, à l’orgueil, à l’envie, aux préjugés et à l’indifférence qui surgissent maintenant dans notre esprit ? Plutôt que de les observer monter du fond illimité de toutes les pensées possibles puis se dissoudre dans l’océan de l’esprit, nous nous identifions bien souvent à ces pensées. Quand nous leur cédons, quand nous leur obéissons, alors nous appelons leur retour et nous fabriquons autour de nous un monde agressif, pauvre, mesquin et malheureux.

C’est là que se tient le nœud de mon argumentation : si nous choisissons de goûter pleinement chaque seconde et d’être conscients des moindres mouvements de notre esprit (il s’agit de la même attention au présent), c’est notamment parce que nous savons que la négligence de cette seconde présente aura des conséquences que nous estimons mauvaises. Aussi bien dans le monde que dans notre esprit - c’est-à-dire, pour éviter tout dualisme - dans la vie, la forme et la saveur de la seconde à venir se décide dans la seconde présente. Un comportement égoïste révèle une pensée à courte vue, qui ne regarde que soi et ne scrute pas bien loin dans l’avenir. En revanche, une pensée, une parole, un acte altruiste voit plus loin que le petit “ soi ” et, du même mouvement, vise à long terme le bonheur de l’autre, du groupe, de la communauté, voire le bonheur de toute l’humanité. Penser aux conséquences, c’est penser à l’avenir. Un acte de charité, un mot de sympathie sincère, un simple sourire, ou même une mesquinerie réprimée peuvent répercuter très loin leurs effets. C’est précisément parce que nous les accomplissons sans but, sans finalité mesurable, sans qu’ils entrent dans une quelconque comptabilité égoïste qu’ils ont de “ bonnes ” conséquences. Nous aboutissons donc à ce paradoxe, que Jacques Dufresne ne me semble pas avoir suffisamment médité, que l’attention à l’instant et l’aspiration à un avenir meilleur sont indissociables. Ils sont tous deux au-delà du succès et de l’échec. En revanche, la négligence de l’instant et l’action étroitement finalisée par un but défini en fonction d’un intérêt égoïste nous entraînent dans la spirale malheureuse et sans fin de la perte et du gain. Il y a donc deux soucis de l’avenir : une aspiration éthique désintéressée qui vise dans l’instant et pour l’avenir la croissance du bonheur des êtres qui nous entourent et un calcul intéressé qui voudrait que l’avenir ressemble à ce qu’il a planifié.

Du reste, puisque notre auteur semble faire grand usage des références religieuses, le thème des conséquences des actes et de leur rétribution, le thème du monde à venir est omniprésent dans toutes les traditions monothéistes ainsi que dans l’hindouisme et dans le bouddhisme. Nous pouvons garder en réserve sa dimension mythologique (Jugement dernier, apocalypse, enfer, paradis, réincarnation) pour nous intéresser plus spécifiquement à sa dimension éthique : le monde à venir, c’est le monde qui est en germe dans ce monde-ci. Nous devons porter grande attention à ce monde (à cet instant), parce qu’il est en quelque sorte l’atelier de construction du monde futur (de l’instant suivant) et que nous en sommes les ouvriers. Garder au fond de son cœur l’aspiration vers le monde à venir, ce n’est pas se livrer aux jeux mensongers de l’espoir et de la peur, ni vouloir contraindre le cours des choses à nous obéir. C’est affirmer, assumer, reconnaître, en même temps que notre liberté, notre responsabilité. Nous sommes responsables du monde qui vient.

Il n’est donc pas absurde de prétendre que la vie a un sens et que ce sens se déploie dans le temps. Non pas un sens déjà fixé, non pas un but prédéfini qu’il nous faudrait atteindre coûte que coûte, mais une aspiration au meilleur, à une présence plus pleine, à un accueil plus ouvert et plus chaleureux du prochain, à une communauté humaine plus riche et plus ouverte à toutes les dimensions du sens. Si cette tension vers un avenir meilleur peut légitimement se déployer dans nos vies personnelles, pourquoi ne pas étendre cette aspiration à la vie sociale et à l’histoire des hommes ? Il ne s’agit pas tant de réaliser quelque utopie sortie tout armée de la tête limitée d’un philosophe ou d’un réformateur politique que de chercher ensemble (sincèrement, authentiquement, en nous écoutant mutuellement, en respectant nos engagements, en reprenant tout ce que les générations passées nous ont légué de valable) à créer les conditions d’une vie meilleure. Certes, nulle vie meilleure n’est à attendre en dehors d’un progrès spirituel, mais que le progrès spirituel (qui dépend de l’effort de chacun à chaque instant et n’est absolument garanti par aucune technique ni par aucune institution, fut-elle religieuse) soit une condition indispensable du progrès de l’humanité ne doit pas nous faire condamner n’importe quelle autre forme de progrès. Ce serait là une attitude intégriste, fermée, et qui risquerait de nous aveugler à la dimension spirituelle qui peut se cacher dans toutes les formes de progrès. Qui sommes-nous pour juger de l’Histoire ? Quel recul avons-nous ? Pouvons-nous bien démêler l’écheveau infini des causes et des conséquences, des germes et des développements ? Avons-nous le droit, comme le fait Jacques Dufresne avec témérité, de condamner toute l’évolution historique, c’est-à-dire l’intelligence collective de l’humanité qui pousse (notamment) vers le progrès technique depuis sa naissance ? Ne convient-il pas plutôt d’apprécier, de remercier, de réveiller sa propre responsabilité, maintenant, au présent ? Les professeurs de Jacques Dufresne n’ont-ils pas crû à un avenir meilleur ? L’éducation n’est-elle pas une tension vers le monde à venir ? Jacques Dufresne n’en a-t-il pas bénéficié ? Jacques Dufresne n’utilise-t-il pas tous les progrès de la médecine moderne quand il en a besoin ? Ne roule-t-il pas en voiture, ne vole-t-il pas en avion ? Les inventeurs de l’alphabet ne lui ont-ils pas permis de lire beaucoup de livres et d’écrire le sien ? Les inventeurs de l’imprimerie n’ont-ils pas rendu possible sa publication ? Les ingénieurs qui ont développé la télévision ne l’ont-ils pas autorisé à s’adresser à un large public ? Les impôts des “ vilains capitalistes ” n’ont-ils pas contribué à l’élaboration de son livre (via le fond des autoroutes de l’information) ? Ne diffuse-t-il pas ses idées sur le web ? Infinie miséricorde des techniques qui acceptent de nourrir, soigner, transporter, informer, multiplier, diffuser, ceux qui les condamnent et leurs idées... Infinie miséricorde des hommes animés d’une tension vers le monde à venir qui ont collectivement forgé ces techniques... Car les techniques sont une sorte de matérialisation des intentions, des pensées, des efforts unis des humains qui nous ont précédés et que nous transmettons à notre tour aux générations suivantes, grossies de nouvelles idées, de nouveaux rapports, de nouvelles puissances. Le monde technique est la continuité du monde humain, indissociable de la culture et du langage, traversé de toutes les contradictions de l’humain mais aussi pénétré de toute sa bonté, de toute sa générosité. La technique est la maison de l’humanité, une maison qui l’abrite, la réunit et la met - bien ou mal - en contact avec la nature. Y aurait-il une communauté scientifique ou universitaire sans écriture, sans alphabet, sans imprimerie ? Internet n’est-il pas la continuation de cet effort de l’intelligence collective vers elle-même ?

Prenons le temps de regarder un instant autour de nous : ces livres, ces lunettes ou ces lentilles que nous portons, ces meubles, cette température, cette architecture, ce téléphone, cette lumière électrique, chez nous ; ces routes et ces aéroports, dehors... Oublions les petites irritations de la vie quotidienne, pensons au monde vaste et confortable dans lequel nous vivons et à l’étroitesse des horizons de nos ancêtres, à la dureté de leur vie. Nous sommes environnés de commodités que nous tenons pour acquises mais qui nous supportent patiemment seconde après seconde et nous relient les uns aux autres. Les techniques aussi peuplent l’instant. Merci pour elles également. Merci aux humains qui nous ont précédés.

Hélas, Jacques Dufresne aime condamner. Presque tous ceux qui ont œuvré pour le progrès de l’espèce humaine sont des “ hérétiques ” millénaristes qui, osant prolonger leur vision au-delà de leur propre vie, n’ont pas su se contenter de leur mortalité et de l’éternité dans l’instant. Les mots “ hérétique ” et “ hérésie ” reviennent souvent dans ce livre et l’aspiration au progrès y est presque toujours rebaptisée “ millénarisme ”. On apprend d’ailleurs en passant que ce sont les juifs qui ont inventé le millénarisme. Ah ! Le goût de la condamnation ! Le besoin de chercher des coupables ! Non, Jacques Dufresne, les juifs n’ont pas inventé le millénarisme, ils ont inventé deux choses : le monothéisme en général (auquel vous semblez souscrire) et l’idée que l’histoire a un sens (ajoutons même : un sens spirituel). Or l’idée que l’histoire a un sens est indissociable du monothéisme. Puisqu’il est arrivé dans l’histoire, de son propre point de vue son avènement représente un “ progrès ” par rapport au polythéisme et à l’idolâtrie. De plus, le projet éthique du monothéisme n’étant manifestement pas intégralement réalisé dans toute l'extension et jusque dans les profondeurs de l’humanité, l’histoire reste encore sujette à quelques péripéties intéressantes. Si l’histoire a un sens, et un sens qui n’est pas achevé, une certaine tension vers l’avenir est donc inévitable. Mais, comme nous l’avons vu plus haut, il y a bien des manières de se tourner vers l’avenir. Il ne s’agit pas nécessairement de “ millénarisme ”, à savoir d’une certitude fanatique concernant une prétendue fin des temps où tous les conflits seraient résolus et qui instaurerait d’un coup le Paradis sur terre.

J’en viens maintenant à mon argument anthropologique. Non, nous ne nous éloignons pas du monde et de notre humanité au fur et à mesure que nous les maîtrisons par nos techniques, contrairement à ce que prétend notre auteur. Et cela pour une raison bien simple. Nous ne maîtrisons pas le monde et notre humanité par nos techniques : nous les construisons. Jacques Dufresne pose constamment dans son ouvrage une essence intemporelle de l’homme en face d’une essence tout aussi intemporelle de la réalité ou du monde. Evidement, dans ce schéma, les médias viennent distordre ou interrompre le fixe face à face des essences. Mais en réalité, c’est l’essence même de l’homme d’être un être inachevé, et c’est pourquoi il est voué à la culture, au langage, à la technique et à l’histoire par lesquels il continue vaille que vaille de se construire soi-même en construisant son monde. La seule contrainte à laquelle ce processus doit se soumettre est d’assurer sa propre viabilité, sa continuité, de maintenir sa capacité d’engendrer un avenir, et non pas de concorder avec une quelconque “ réalité ” extérieure prétendument fixe et d’ailleurs absolument inaccessible.

L’homme et le monde des sociétés orales archaïques ne sont pas exactement les mêmes que ceux des sociétés agraires qui ont connu l’écriture. Les révolutions des transports, de l’imprimerie et de l’industrie ont édifié une humanité et un monde plus vastes et plus mobiles. Et nous érigeons aujourd’hui une planète interconnectée avec des moyens de communication, des outils et des mœurs qui étonneraient probablement beaucoup nos ancêtres d’il y a dix mille ans. C’est toujours le même homme qui naît, aime, souffre et meurt. C’est toujours la même Terre, fertile, immense, soumise à l’alternance des saisons, au cycle du jour et de la nuit, éclairée du même soleil. Mais comme a changé notre perception de ce monde ! Non seulement le cosmos s’est extraordinairement agrandi, restructuré, non seulement la Terre y a trouvé une autre place, infime mais non moins belle, mais nous y avons aussi découvert une foule de détails (atomes, molécules, électricité, ondes hertziennes, microbes, poissons du fond des océans...) que nous ne soupçonnions pas. Les techniques et les médias nous ont-ils éloigné du monde ou nous ont-ils permis de voir plus loin, plus haut, plus précis ? Jacques Dufresne ne cesse de prétendre que les médias nous éloignent de nous-mêmes et nous séparent du monde. Ce n’est plus un paradoxe, c’est du déni. Qu’il y ait, comme on dit, des effets pervers, nul n’en disconviendra. Mais il reste que les livres, les journaux, le téléphone, la radio, la télévision et finalement l’Internet qui interconnecte tout et tous, couplés à l’ensemble des moyens de transport modernes, ont plutôt pour effet global d’élargir nos horizons, d’étendre nos champs d’action et de nous mettre en contact les uns avec les autres.

Dufresne ne néglige pas ici et là de lancer quelques couplets anti-américains, anticapitalistes et féministes (rien de plus, rassurons-nous, que le ronron habituel des médias et des conversations de café). Mais plus que l’aversion conservatrice classique pour la technique, la finance et la culture américaine, son orientation politique ou idéologique se caractérise par une idéalisation surprenante du Haut Moyen Âge européen. Haut Moyen Âge à partir duquel toute l’histoire ultérieure n’est, selon lui, que décadence ! (Tiens, voilà le sens de l’histoire qui rentre par la fenêtre !) Or, à cette lointaine époque, l’espérance de vie était très faible, les rapports sociaux féroces, les femmes absolument opprimées, la violence partout, l’analphabétisme quasi général et la spiritualité plutôt faible et limitée aux monastères. Quant à la démocratie, à la liberté d’expression et à la tolérance philosophique ou religieuse, mieux vaut ne même pas en parler. Tout cela est parfaitement cohérent avec l’apologie que fait Dufresne de la fermeture des familles, des écoles et des couvents. Signalons au passage l’immense contresens sur la “ clôture opérationnelle ” de Varela, qui signifie, contrairement à ce que s’imagine notre auteur, le devenir inventif commun, la construction mutuelle ouverte et la radicale implication réciproque des organismes et de leur environnement.

Au risque de passer pour un naïf apôtre du progrès, je crois que l’hygiène, l’éducation, un état de droit, la démocratie, la liberté d’expression, l’égalité des sexes, une relative situation de non-violence, etc. sont supérieurs, oui, bien supérieurs à la situation qui prévalait au Moyen Âge. Et ces progrès, puisque réels progrès il y a, sont indissolublement techniques, institutionnels et moraux. C’est la société dans son ensemble qui évolue, avec des hauts et des bas, des cahots, des errances, des détours, des défauts, mais qui évolue tout de même. Et ces évolutions seraient impossibles sans les progrès du langage, via les techniques d’enregistrement, de transmission et de traitement des messages qui structurent et amplifient l’intelligence collective humaine. C’est pour cela que, malgré toute l’écume qui nous voile parfois le cours profond des choses, le développement du cyberespace doit être considéré comme un progrès : un progrès de l’intelligence collective.

Je voudrais terminer cet article sur une précision capitale. Le langage et la technique sont deux marques distinctives de l’humain. Or, tous deux ont en commun de nous ouvrir indéfiniment des possibles. Il n’y a de vrai et de faux, de bien et de mal que dans le langage et il n’y a de faisable ou d’infaisable que par la technique. Technique, langage et techniques de langage (écriture, informatique, télécommunications) nous ouvrent constamment de nouveaux plans d’existence et donc étendent notre liberté. La liberté ne consiste pas seulement à choisir parmi des possibles prédéfinis mais aussi à conquérir de nouveaux possibles. La liberté coule en amont de la liberté. Dans le processus historique de développement du langage et de la technique se poursuit donc également l’aventure de notre responsabilité. De nouveaux problèmes éthiques se posent. De nouvelles distinctions entre le bien et le mal s’affrontent. De nouveaux critères de choix s’esquissent, s’entrecroisent et divergent au fur et à mesure que notre liberté étend son domaine. Il ne faut donc pas concevoir le progrès technique et sémiotique comme devant infailliblement conduire au “ Bien ” (un bien déjà fixé), ni même à un mieux, indépendamment d’une conscience morale vivante. Au contraire, parce qu’il étend le champ de notre liberté, le progrès technique nous convie à exercer maintenant, de nouveau et toujours à neuf notre responsabilité morale. Une responsabilité qui ne peut s’appuyer uniquement sur les recettes ou les règles d’un passé révolu, mais doit se recueillir dans l’instant, en vue du monde à venir.



NOTES


[1] Pierre Lévy est professeur à l’Université du Québec à Trois Rivières (dept loisir et communication sociale). Il est l’auteur de plusieurs ouvrages sur la cyberculture, le virtuel, l’intelligence collective. Il vient de publier en 1999 Le feu libérateur, chez Arléa, avec la participation de sa compagne Darcia Labrosse.




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