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Entretiens

» Argument a rencontré pour vous…

Avril 2007

Le nationalisme canadien : la multiplication des nations est-elle la solution?

Un texte de Ian ANGUS, propos recueillis par J.-P. WARREN

JPW : Comme vous le savez, il existe au Québec un vieux débat quant à la pertinence et à la nécessité du nationalisme dans une société moderne, voire postmoderne. Certains prétendent que le nationalisme est par nature inévitablement raciste ou xénophobe. D’autres, comme par exemple George Grant, perçoivent plus positivement le nationalisme québécois. Quelle est votre opinion sur le nationalisme en général, et sur le nationalisme québécois en particulier?

IA : Peut-être puis-je diviser votre question en deux parties. Je dois d’abord séparer la question du nationalisme canadien-anglais du nationalisme québécois. Cette distinction s’est imposée à moi au milieu des années 1980. Je me rappelle deux événements marquants. D’abord, il y eut ma lecture de l’évaluation, faite par un universitaire francophone, d’une demande de subvention envoyée au Conseil de recherches en sciences humaines du Canada. Cet évaluateur me faisait remarquer que lorsque j’écrivais « canadien », je faisais en fait référence à des auteurs exclusivement canadiens-anglais. Je dû admettre que c’était vrai. Je voulais parler du Canada, mais je ne connaissais pas suffisamment le Québec. Un peu plus tard, Robert S. Schwartzwald (maintenant rédacteur du International Journal of Canadian Studies et récemment titulaire d’une chaire d’études anglaises à l’Université de Montréal), avec qui je travaillais régulièrement à l’université du Massachusetts, m’a dit : « Pourquoi ne parles-tu pas seulement du Canada anglais? » Et d’une certaine manière (était-ce l’époque, ou alors ma propre bêtise?), cela fut pour moi comme une révélation. Cela m’a permis de dire ce que je voulais dire, sans avoir à m’en faire pour savoir comment parler des différentes parties du pays, et en particulier du Canada français, dont je n’avais aucune expérience directe.

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Avril 2007 | Classé dans Entretiens
Octobre 2005

Entretien avec Nick Bostrom, le transhumaniste en chef

Un texte de Antoine ROBITAILLE

Début de soirée du mois d’août 2004. Nous sommes dans un restaurant de style pub à Toronto, situé dans une maison victorienne de brique rouge. L’endroit est rempli des participants du colloque Transvision, la réunion annuelle de l’AMT, l’Association mondiale du transhumanisme, un groupe de militants souhaitant l’avènement de la posthumanité, c’est-à-dire le dépassement de l’homo sapiens par des moyens techniques.
Argument y a rencontré Nick Bostrom, philosophe d’origine suédoise, fin vingtaine, maintenant rattaché à l’Université d’Oxford après un passage à Yale. Il a fondé l’AMT en 1998 et il est reconnu comme un modéré dans les cercles technophiles. Parmi les défenseurs des pensées posthumanistes, c’est assurément l’un de ceux dont le propos est le plus élaboré. Préserver une certaine unité du mouvement qui tend à éclater entre ses différentes chapelles (les Extropiens, les Singularistes, les Immortalistes, etc.) a toujours été l’une de ses préoccupations.
Grand et maigre, portant un veston de tweed, il se mêle davantage aux nerds de l’informatique présents au congrès qu’à l’autre groupe, les adeptes du piercing extrême et de la « modification corporelle ». Dans un café Starbucks, plus tôt dans la journée, après s’être commandé un quadruple espresso, il m’avait expliqué qu’il y avait dans ce gobelet un certain nombre de grammes de caféine dont il avait besoin pour passer l’après-midi. On raconte qu’il a jadis tenté sa chance comme stand-up comic, mais il se fait plutôt sérieux et peu passionné lorsqu’il parle (en anglais), avec son lourd accent suédois, de posthumanité, ou de ses autres sujets de prédilections : la possible vie extraterrestre et la « singularity » (voir plus bas).
La revue Argument, qui s’est employée depuis ses débuts à explorer les appréhensions à l’égard des pensées ultratechnophiles , souhaite ici permettre à l’un de ses représentants les plus éminents de s’exprimer. Que l’on n’y voit aucun appui de notre part à la cause de M. Bostrom, mais plutôt la volonté d’exposer sa rhétorique au grand jour.

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Octobre 2005 | Classé dans Entretiens
Octobre 2004

La posthumanité ou le piège des désirs sans fin

Un texte de Leon Kass et Antoine Robitaille

Leon Kass est le “ méchant bioconservateur ” dénoncé jour après jour par les militants et les penseurs posthumanistes. Ce médecin et biochimiste de l’université de Chicago s’oppose depuis les années 1960 au clonage humain. Dans les dernières décennies, il s’est employé à définir une “ bioéthique riche ”, c’est-à-dire une bioéthique qui ne se borne pas au traitement de cas particuliers, mais qui tente de penser plus globalement les rapports entre progrès humains et progrès techniques. À l’automne 2003, le Conseil du président des États-Unis sur la bioéthique, que Kass préside, publiait Beyond Therapy, un rapport remarquable qui constitue l’un des plaidoyers les plus complets et les plus forts contre les utopies biotechnologiques posthumanistes. Pour Kass, les technologies risquent de satisfaire partiellement et de façon superficielle les désirs d’absolu et de transcendance propres à la nature humaine. Bien que nous ne soyons pas encore des posthumains, Kass met en relief certains aspects de nos sociétés développées, qui nous forcent à conclure que cette transformation est déjà bien engagée. Argument a joint M. Kass à Washington en janvier 2004.

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Octobre 2004 | Classé dans Entretiens
Mars 2004

Penser la contestation d’une génération à l’autre

Un texte de Daniel Bensaïd et Francis Dupuis-Déri

Daniel Bensaïd est à la fois un intellectuel prolifique et un militant engagé dans l’action des mouvements sociaux et des partis d’extrême gauche en France. Il est un témoin privilégié des 40 dernières années de contestation, puisque son parcours politique débute en France dans les années 1960, peu avant Mai 68, et se poursuit aujourd’hui dans le mouvement altermondialiste. Invité au Québec à l’automne 2003 pour y donner une série de conférences, c’est à ce moment qu’Argument l’a rencontré pour discuter avec lui des dissemblances et des similitudes entre la contestation d’aujourd’hui et celle des années 1960.

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Mars 2004 | Classé dans Entretiens
Octobre 2003

L’âge de la démocratie immodeste. Retour sur la querelle des réactionnaires

Un texte de Alain Finkielkraut et Antoine Robitaille

Antoine Robitaille: On vous affuble du terme de nouveau réactionnaire, notamment dans un livre, Les nouveaux réactionnaires, de Daniel Lindenberg. Je me demande: n’êtes-vous pas tenté de reprendre à votre compte cette expression, un peu comme les dreyfusards avaient repris à leur compte le vocable «d’intellectuel»?
Alain Finkielkraut: C’est difficile, car à l’époque, le mot d’intellectuel venait d’être forgé. En revanche, le mot de réactionnaire a une longue histoire. De cette histoire, je ne me sens pas partie prenante. J’ai peut-être moins d’antipathie qu’autrefois pour ceux qu’on appelle les «réactionnaires».

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Octobre 2003 | Classé dans Entretiens
Mars 2003

La nation: entre l’individualisme et l’universalisme

Un texte de Pierre Manent et Bernard Boulet

Dans son récent livre Cours familier de philosophie politique (Paris, Fayard, 2001), le professeur Pierre Manent fait une des meilleures analyses à ce jour de la démocratie moderne et des enjeux contemporains. Déjà, dans La Cité de l’Homme (Paris, Fayard, 1994), l’auteur, qui enseigne à l’École des hautes études en sciences sociales à Paris, soulignait l’oubli de la communauté politique. Son dernier livre développe admirablement le même thème avec des références historiques et sociologiques plus contemporaines. Ses réflexions cherchent à éclairer les enjeux de l’Europe d’aujourd’hui.

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Mars 2003 | Classé dans Entretiens
Octobre 2002

Religion et modernité : un aller-retour. Entretien avec Charles Taylor

Un texte de Charles Taylor, A. Robitaille et D. Tanguay

Le 29 août 2001, nous nous sommes entretenus avec Charles Taylor par une magnifique journée de fin d’été. L’entretien reproduit ici est un concentré revu et remanié d’un plus long entretien. Nous tenons d’ailleurs à remercier Francis Dupuis-Déri qui a contribué à la mise en forme de cette entrevue. Un thème majeur traverse tout l’entretien soit celui des relations de la religion et de la modernité. Il s’agit d’un thème constant de la pensée de Taylor, mais qu’il travaille de manière plus intense depuis la parution de son œuvre maîtresse : Les sources du moi (Montréal, Boréal, 1998 [1989]). Dans cette œuvre, Taylor avait dégagé les sources multiples du moi moral moderne. 

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Octobre 2002 | Classé dans Entretiens