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Contributions libres

Mai 2008

Le mythe de la caverne conjugale

Un texte de FRANCIS DUPUIS-DÉRI

Les féministes ont bataillé fort pour qu’advienne l’égalité entre les femmes et les hommes aussi bien dans l’espace public que dans l’intimité des rapports familiaux, amoureux et sexuels. Elles ont documenté les inégalités au sein des couples et des familles et elles ont espéré – implicitement ou explicitement – que les hommes s’engageraient à parts égales dans les tâches domestiques et parentales . Les hommes ont résisté si efficacement que nous (les hommes) jouissons en général, aujourd’hui encore, de plus de privilèges et de pouvoir que la majorité des femmes. En dépit de discours affolés au sujet de l’« égalité-déjà-là », des « excès du féminisme » et de la « crise de la masculinité », les hommes consacrent encore bien moins de temps et d’énergie que les femmes aux tâches domestiques et parentales. De plus, c’est l’homme, le plus souvent, qui possède le compte de banque et le fonds de pension les mieux garnis, la voiture et la résidence, et qui décide par ses choix de carrière où vivra la famille. À la suite d’une séparation, les hommes se contentent en grande majorité de passer à peine quelques jours par semaine avec leurs enfants, laissant aux femmes le plus lourd des responsabilités parentales et se lançant rapidement à la recherche d’une nouvelle conjointe, si possible sans enfants. Deux générations après la publication du Deuxième sexe, de Simone de Beauvoir, les « filles » de Simone et les « fils » de Jean-Paul entretiennent donc en général encore des rapports inégalitaires, au profit des hommes.

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Mai 2008 | Classé dans Contributions libres
Novembre 2007

Souveraineté et hypermodernité. La trudeauisation des esprits

Un texte de Éric BÉDARD

Les référendums de 1980 et de 1995 ont eu un grand impact sur la vie intellectuelle québécoise et canadienne. Ces événements ont provoqué de riches réflexions politiques et philosophiques sur les valeurs qui doivent fonder les communautés politiques canadienne et québécoise. Les historiens des idées de demain ne manqueront pas de matière. Ni les philosophes d’ailleurs. Car par delà le conflit Québec-Canada, conflit fédéral-provincial pour les uns, combat national pour les autres, par delà le rapatriement de la constitution canadienne de 1982 et l’impossibilité apparente de l’amender par la suite, j’ai le sentiment qu’on assiste à un débat sur la modernité, voire sur « l’hypermodernité » que j’assimile, à la suite de Sébastien Charles, à « l’exacerbation et l’intensification de la logique moderne au sein de laquelle les droits de l’homme et la démocratie sont devenus des valeurs incontournables ». Depuis 1995, ce débat n’oppose cependant pas, comme certains aimeraient le croire, les partisans de la continuité à ceux du changement radical, il oppose des hypermodernistes convaincus qui, chacun à leur façon, se présentent à nous comme les défenseurs des valeurs universelles de la modernité avancée, comme les porte-parole d’une avant-garde éclairée. Du côté fédéraliste, Stéphane Dion et les héritiers du trudeauisme continuent de présenter le Canada comme un « exploit humain tout à fait unique », sinon un « joyau de l’humanité » , et le souverainisme, comme un combat d’arrière-garde. Ils sont restés fidèles au messianisme trudeauiste dont je tenterai de tracer les contours dans la première partie de cet essai. Du côté souverainiste, on assiste à l’avènement d’un discours nouveau. Les déclarations de Jacques Parizeau sur les votes ethniques ont provoqué l’émergence d’un « néosouverainisme » qui s’est manifesté de plusieurs façons au cours des dernières années. Dans la seconde partie, je tenterai d’en décrire les principales caractéristiques. 

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Novembre 2007 | Classé dans Contributions libres

La République du Québec et sa constitution

Un texte de Marc CHEVRIER

Depuis le référendum de 1995, le Québec a perdu l’initiative constitutionnelle. Cet échec achevait la longue ronde des vaines tentatives de réforme entreprises depuis la Deuxième Guerre mondiale pour rehausser le statut politique du Québec – par un fédéralisme nouveau ou par l’indépendance. L’initiative, les gouvernements Lesage et Johnson l’avaient eue, poussant le reste du Canada à s’interroger sur ce que le Québec veut. En 1982, la vision chérie par Pierre Elliott Trudeau d’un Canada multiculturel, bilingue et avide de droits passa avant les demandes de réforme du Québec, exclu en réalité de la plus grande refonte de la Constitution que le Canada ait connue depuis sa fondation. En 1986, le gouvernement de Robert Bourassa tenta de prendre à nouveau les devants, en présentant une série de conditions à l’adhésion du Québec à la réforme de 1982. Cependant, depuis lors, les termes du débat avaient été changés ; il ne s’agissait pas de refaire l’ouvrage, seulement d’en atténuer la portée afin que le Québec s’y niche, telle une abeille dans sa ruche. Après l’échec de l’accord du lac Meech en 1990, le gouvernement Bourassa a laissé prendre l’initiative au Canada anglais, dans l’espoir qu’il soumettrait des « offres » de partenariat renouvelé. Avec le gouvernement Mulroney, le Canada s’est empressé d’élaborer un projet d’accord constitutionnel auquel le Québec s’est joint, in extremis, parvenant à peine à raccrocher son wagon à une locomotive lancée à grande vitesse. Le gouvernement Parizeau élu, on tenta une seconde fois d’amener le Québec à l’indépendance, avec les résultats serrés que l’on sait et des conséquences plutôt fâcheuses : le plan d’endiguement du souverainisme québécois du gouvernement Chrétien, le renvoi à la Cour suprême sur le droit de « sécession » du Québec, l’adoption du projet de loi C-20 sur la clarté référendaire et un cynisme corrupteur mettant la sauvegarde du Canada au-dessus de tout. Depuis l’arrivée au pouvoir des libéraux de Jean Charest en 2003, la réparation constitutionnelle n’est plus à l’ordre du jour : elle est ardue, complexe, trop loin des préoccupations prosaïques des citoyens, clament experts et éditorialistes. Le mot d’ordre est de faire comme si l’injustice de 1982 et les échecs de Meech et de Charlottetown n’étaient que des petits drames d’opérette sans importance, et de prêcher dans la négociation d’ententes administratives ad hoc les vertus du pragmatisme et un substitut aux grandes illusions constitutionnelles. Les élections de mars 2007 n’ont pas fait évoluer la donne : elles ont rendu plus hypothétique encore la tenue prochaine d’un référendum sur la souveraineté. Les libéraux peinent à sortir de leur traumatisme post-constitutionnel, et l’ADQ, promu à l’opposition, n’a su encore produire de plate-forme constitutionnelle étoffée, sauf à évoquer vaguement un « État autonome » du Québec et l’adoption d’une constitution québécoise. Le Québec est devenu, en somme, hors jeu.

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Novembre 2007 | Classé dans Contributions libres
Mars 2006

L’université est-elle soluble dans l’innovation?

Un texte de Chantal LAGACÉ

L’usage social actuel de la notion d’innovation appelle au moins deux observations. D’abord, la notion comporte une dimension incantatoire : l’innovation est partout. Sans les éliminer, elle tient souvent la place du changement, de l’invention, de la créativité, de la découverte, de l’originalité, de la nouveauté, voire du progrès, même si ce dernier terme est clairement démodé. Ensuite, elle change subtilement de sens sous l’impulsion des idéologies gestionnaire et économique. L’innovation, connotée positivement, y remplace dorénavant la notion, devenue péjorative, d’« obsolescence planifiée ». Mais la réalité recouverte par ces deux notions reste la même : créer des besoins de consommation à même d’absorber la production dont les cycles sont de plus en plus courts.
Cette notion gestionnaire, comme d’ailleurs l’ensemble de l’idéologie gestionnaire, pénètre lentement mais sûrement le vocabulaire des autres institutions, dont celui de l’université. Depuis quelques années, la notion d’innovation est en voie de recouvrir la planification de la recherche, donnant ainsi une légitimité renouvelée aux pressions mercantilistes et utilitaristes qui s’exercent sur l’université. Autrement dit, les politiques d’innovation développent la même vision utilitariste de l’université que les autres politiques des 20 dernières années, mais les recouvrent d’une chape anoblissante. Quel être raisonnable, en effet, pourrait-il s’opposer à l’innovation? L’innovation est donc en voie de devenir un impensé de la vie universitaire, une norme qui canalise le regard que l’on porte sur les choses et qui, surtout, guide les principes par lesquels on réorganise la vie universitaire, en même temps qu’elle devient, graduellement, l’échelle par laquelle on évalue ses résultats et ceux qui y œuvrent. Ce phénomène pose aux universitaires quantité de questions qui ne sont pas nécessairement nouvelles, mais le fait qu’une question ne soit pas « innovante » ne signifie ni qu’elle soit épuisée, ni qu’elle soit sans intérêt. J’en soulèverai trois ordres, sans prétendre à l’exhaustivité : des questions épistémologiques, des questions organisationnelles et des questions sur les finalités de l’université et de la recherche, plus précisément sur leur utilité.

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Mars 2006 | Classé dans Contributions libres
Octobre 2005

De la postmodernité à l’hypermodernité

Un texte de Sébastien CHARLES

Alors que vous vous pensiez encore soumis au régime postmoderne, voilà que je vous apprends que les temps sont désormais hypermodernes, comme l’annonce de manière péremptoire le titre de l’ouvrage que je viens de publier en collaboration avec Gilles Lipovetsky. À peine commenciez-vous à vous sentir postmodernes et à vous conforter dans cette idée que je vous force à remettre en question cet acquis en vous affirmant que cette époque est révolue et qu’il vous faut tenir compte du règne actuel de l’hypermodernité. Quelles sont les raisons me permettant de clore la parenthèse postmoderne et que conclure de ce changement brutal de préfixes? Doit-on lire dans cet « hyperlatif » (permettez-moi ce jeu de mot) autre chose qu’un changement d’ordre conceptuel ou bien faut-il y voir uniquement le fruit d’une inflation terminologique?

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Octobre 2005 | Classé dans Contributions libres
Mars 2005

La Passion du Christ, de Mel Gibson : l’idole et la distance

Un texte de Robert Mager

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la sortie du film de Mel Gibson, La Passion du Christ, a donné lieu à des réactions nombreuses et contrastées. D’aucuns, comme Louis Cornellier, philosophe et chroniqueur au quotidien Le Devoir, y ont vu une « œuvre puissante, dérangeante, [qui] est, par son intensité même, à la hauteur de son sublime sujet ». D’autres, telle Séverine Kandelman, critique de cinéma à l’hebdomadaire Voir, ont jugé le film « choquant et inutile ». Sur le terrain des Églises, même disparité : en règle générale, les réactions ont varié de la vive critique (beaucoup d’exégètes et de théologiens) à l’enthousiasme sans ambages (nombre d’Églises, notamment évangéliques), en passant par la sympathie prudente (quelques évêques catholiques québécois). 

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Mars 2005 | Classé dans Contributions libres

Ne pas être contemporain de soi-même

Un texte de Jean-Philippe Warren

Plusieurs auteurs, et non des moindres, ont posé ces dernières années les jalons d’une réflexion nouvelle sur le rôle de l’histoire dans les sociétés postindustrielles. Qu’a-t-on besoin de l’histoire, se demandent-ils, quand les défis de ces sociétés sont toujours neufs, quand l’expérience humaine est un kaléidoscope d’instantanéités, quand l’avenir est sans cesse à construire sur les ruines du présent? Pourquoi se souvenir si la mémoire est désormais dépossédée de l’avenir?

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Mars 2005 | Classé dans Contributions libres
Octobre 2004

Paxil Blues. Enjeux éthiques des antidépresseurs

Un texte de Christian Saint-Germain

Un historien des religions y aurait vu le développement d’un groupe religieux, l’apparition de flagellants . Des millions d’individus fonctionnels s’en remettent chaque matin à la prise d’un comprimé pour traverser à gué les jours . Une nuée d’instituteurs, de vendeurs sur la route, de professionnels divers empruntent, après le diagnostic d’un médecin généraliste, la voie de la pénitence moléculaire, des effets secondaires, de l’assuétude dans l’espoir de correspondre aux exigences des milieux. Invisible fustigation, ce petit manège du traitement de soi échappe malgré son ampleur statistique, le caractère exponentiel des profits qu’il génère comme “ marché de la dépression ” et le nombre d’adhérents qu’il fédère à l’analyse de l’enchaînement de ses implications. Une religion mondiale avec un milliard de fidèles pratiquant et acquiesçant, bien qu’anonyme, qui verse une dîme, en moyenne plus de 60 dollars par mois pour “ aller mieux ”. 

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Octobre 2004 | Classé dans Contributions libres

Redonner souffle et inspiration à la recherche sur les femmes

Un texte de Nicole Laurin

Ce texte voudrait proposer quelques réflexions sur les avancées et les impasses des études féministes, et plus largement des études sur les femmes, sans prétendre traiter ce sujet à fond. On insistera, d’une part, sur certains développements qui ont mené, paradoxalement, à des situations sans issue. D’autre part, on essaiera de démontrer comment il serait possible de réaliser des progrès importants, à condition de sortir de ces impasses. Nos propos supposent une attitude critique, qui vise à une discussion.

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Octobre 2004 | Classé dans Contributions libres
Mars 2004

Pourquoi et comment la philosophie disparaîtra

Un texte de Gérald Allard

Il sera question ici de philosophie, mais d’abord d’éducation: mon propos paraîtra corporatiste, mais il prétend être humaniste. Je ne m’adresse pas à ceux qui veulent sauver des emplois de professeurs de philosophie ou conserver une institution qui «a fait ses preuves et qui fait la fierté du peuple québécois». Ce que je raconte est vrai d’abord pour la philosophie, sans doute, mais aussi pour d’autres disciplines, comme la littérature ou l’histoire, comme les sciences pures et les mathématiques, comme les vrais cours complémentaires, ceux qui visent à éveiller l’étudiant à d’autres domaines que celui de sa spécialité et de son gagne-pain. 

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Mars 2004 | Classé dans Contributions libres

Refuser le probable. Réflexions sur le conflit israélo-palestinien

Un texte de Meir Amor (traduit par M. Béland et J.-P. Warren)

L’Université Concordia fut et demeure un théâtre agité du conflit israélo-palestinien en Amérique du Nord. À Montréal, la ligne de partage entre les soi-disant camps pro-Israël et pro-Palestine est tracée. Dans une ville située loin des luttes déchaînées et dans le cadre d’un débat mené par des étudiants qui sont citoyens égaux d’un pays démocratique, l’on aurait pu s’attendre à ce que la discussion politique soit informée, responsable, respectueuse et, par-dessus tout, soucieuse de prendre en compte les complexités du conflit. Cette attente n’est toutefois pas comblée.

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Mars 2004 | Classé dans Contributions libres
Octobre 2003

Variations sur des thèmes invasifs

Un texte de Gérald Allard

Les invasions barbares de Denys Arcand a connu un réel succès, mérité sans aucun doute: le film a été vu et revu par des centaines de milliers de personnes au Québec et de par le monde. Miramax, puissante compagnie de distribution internationale, le proposera sur les écrans du monde entier, de façon à assurer au film un public large et nombreux. En attendant une nomination auprès de l’Académie américaine des sciences et des arts du cinéma, le film s’est vu reconnaître par Cannes qui a souligné le talent de ses comédiens et la finesse de son scénario. 

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Octobre 2003 | Classé dans Contributions libres

Entre Jean-Paul II, Pasolini et Arendt, penser le péché

Un texte de Jean-Philippe Trottier

Lorsque Jean-Paul II, à peine élu pape en 1978, a lancé à la foule réunie place Saint-Pierre son fameux appel «N’ayez pas peur!», le monde en eut le souffle coupé. C’était en effet la première fois qu’un pape s’adressait urbi et orbi de façon aussi directe et familière. Peu se sont rendus compte alors qu’il donnait ainsi un ton nouveau et allait troquer ses guipures vaticanes pour des gants de boxe et provoquer tant de sursauts dans le monde chrétien contemporain au cours de son pontificat.

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Octobre 2003 | Classé dans Contributions libres

L’illusion du pluralisme. Culture commune et fragmentation identitaire

Un texte de Stéphane Vibert

Il est de nos jours quasiment impossible de lire un article ou un ouvrage, d’écouter un discours ou de suivre un débat à propos de la situation dans les démocraties représentatives contemporaines, sans entendre répéter à satiété combien nos sociétés vivent l’évidence du pluralisme et de la différence. Bien évidemment, à partir de ce postulat indiscuté viennent se greffer toutes sortes de positions théoriques, politiques ou idéologiques. 

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Octobre 2003 | Classé dans Contributions libres
Mars 2003

L’État et ses citoyens-clients. Ou quand le service aux citoyens ne rend pas service à la démoc

Un texte de Florence Piron

Qui se rappelle qu’en mai 2000, le gouvernement québécois, à la suite de nombreuses autres démocraties libérales, a promulgué une nouvelle loi de l’administration publique qui vise à modifier considérablement tant la lettre que l’esprit de la fonction publique québécoise et qui a le potentiel de remodeler complètement les rapports entre l’appareil d’État et les citoyens? Et ce, à la suite d’une Commission parlementaire spéciale de trois jours tenue en septembre 1999 et marquée par une unanimité remarquable sur le fond de la question? 

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Mars 2003 | Classé dans Contributions libres