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Mars 2003
L’inconvénient de l’idéologieUn texte de Antoine Robitaille
Puisqu’il faut être méchant, puisqu’il ne faut pas faire dans la nuance, puisqu’il faut « exagérer », puisqu’il faut être « contre le monde », radicalement, alors allons-y. Il y a toujours du comique involontaire chez les épigones. Leurs laborieux efforts, un peu scolaires, pour écrire « à la manière de », pour plaire à un maître qui fascine, font rire. Des fils blancs pendent ou, mieux : comme dans une peinture à numéro, les chiffres transparaissent, sous la trop mince couche de talent.
Mars 2003 | Classé dans Éditorial
Le désir d’être grandUn texte de Joseph-Yvon Thériault
Dans un texte classique présenté souvent comme le prototype du nationalisme mélancolique québécois, “La fatigue culturelle du Canada français”, écrit en 1962, Hubert Aquin se demande: “Mais pourquoi faut-il que les Canadiens français soient meilleurs? Pourquoi doivent-ils “percer” pour justifier leur existence?” Cette question, Aquin la pose en réaction à un texte, écrit lui aussi en 1962 et devenu presque aussi célèbre que le sien: “La nouvelle trahison des clercs”, texte d’un jeune intellectuel anti-nationaliste, Pierre Elliott Trudeau, qui sera appelé, comme on le sait, à jouer par la suite un rôle politique majeur.
Mars 2003 | Classé dans Tribune
Présentation: L’ADQ: la nouvelle donne politique. 1ère partie: L’ADQ, parti de la jeunesse?Un texte de Daniel Tanguay
Dans le projet originel d’Argument, il y avait cette idée centrale de maintenir vivante la tradition de l’essai dans un monde intellectuel de plus en plus soumis aux exigences de l’écriture savante et universitaire. Nous désirions nous-mêmes passer à l’action dans l’espoir secret de susciter chez nos plus jeunes lecteurs le goût d’écrire des essais à leur tour. Le résultat ne fut pas tout à fait à la hauteur de nos rêves.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
La tentation d’en finir avec la politiqueUn texte de Raphaël Arteau McNeil
Pour répondre à la question que propose Argument: “L’ADQ est-il vraiment le parti de la jeunesse?”, il faut tout d’abord définir cette jeunesse en question. Ensuite, une fois cette jeunesse définie, il est alors possible de comparer ses caractéristiques à ce que défend l’ADQ. Tel est le programme de cet essai.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
Les fossoyeurs de mémoireUn texte de Dave Anctil
En 1995, lors du référendum, j’avais tout juste 17 ans. Originaire de l’Abitibi-Témiscamingue, je viens d’une famille pauvre affligée des maux typiques d’une région éloignée des grands centres. Des problèmes comme le chômage et l’alcoolisme, le décrochage scolaire et la violence, nous font oublier le plus souvent des carences en apparence plus bénignes mais selon moi beaucoup plus profondes.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
Le tunnel au bout du tunnelUn texte de Benoît Dubreuil
Le Québec est un drôle de pays. Alors que tous les États-nations modernes se disputaient entre la gauche et la droite, alors que tous les débats se situaient entre la sociale-démocratie et le libéralisme, l’espace politique au Québec est longtemps demeuré structuré autour du thème prémoderne (ou postmoderne?) du statut de la communauté politique. Souverainisme, fédéralisme ou crypto-autonomisme, voilà des termes ayant tracé, depuis l’apparition d’une modernité typiquement québécoise, le topos de nos engagements.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
Sommes-nous passés au jaune?Un texte de Guillaume Lavallée
“Là où on est le plus à droite, déclame Mario Dumont à propos du programme de son parti, c’est que l’on ne croit pas que la réponse à la compassion se fasse à partir de grands modèles étatiques.” Pourquoi le chef de l’Action démocratique du Québec introduit-il le terme “droite” alors que l’échiquier politique québécois s’est toujours divisé entre “fédéraliste” et “souverainiste”? Il semble que l’ADQ sorte de ces oppositions pour en introduire de nouvelles.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
L’ADQ, la “troisième voie” québécoise?Un texte de D. Labbé, J.-F. Légaré-Tremblay, O. Paradis-Béland
On a fait mille reproches au projet adéquiste. Irréaliste, rétrograde, simpliste, contradictoire, réactionnaire, parti d’une génération x frustrée, d’un électorat mal informé qui veut “changer pour changer”, “parking courte durée” pour péquistes désillusionnés incapables de se résoudre à voter pour Jean Charest. La critique se décline sur tous les tons. Un chose est sûre: en se présentant sur la place publique, le projet de Mario Dumont a soulevé une vague de fond qui dépasse la simple question générationnelle.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
Notre avenir politique?Un texte de Mathieu Bock-Côté
Qu’en est-il de notre avenir politique? Question récurrente, agaçante pour nos contemporains, mais longtemps refoulée dans la conscience nationale, chaque génération espérant l’indépendance sans engager le grand débat ailleurs qu’aux marges de l’espace politique. Aux belles heures de l’Action française de Montréal, au terme de l’enquête de 1922, Lionel Groulx en appelait à “la vieille espérance des ancêtres, qui seule dans le passé, a pu tenir le rôle et la dignité d’une fin”.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
Présentation: 2e partie: L’ADQ dans l’horizon québécois et au-delàUn texte de Raphaël Arteau McNeil
Si l’analyse politique est bien souvent une tâche difficile, c’est qu’elle requiert une certaine distance avec l’actualité politique. C’est d’abord dans la conscience de cette difficulté que se rejoignent les trois essais qui composent le deuxième volet de ce dossier. Pour comprendre l’émergence de l’Action démocratique dans l’arène politique québécoise, il faut, recommandent tout d’abord Éric Bédard et Gilles Labelle, faire un pas en arrière, un pas en direction de la Révolution tranquille.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
La tentation adéquisteUn texte de Éric Bédard
Les victoires étonnantes de l’ADQ lors des dernières élections partielles et la montée fulgurante de ce tiers parti dans les sondages attestent, à n’en pas douter, d’une “volonté de changement”. Les professionnels du sondage et du commentaire politique cherchent des explications. Certains sondeurs parlent du mystérieux déplacement des “électeurs discrets”. D’autres croient que les Québécois en ont assez de la classe politique actuelle, qu’ils veulent tout simplement de nouveaux visages, plus jeunes.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
ADQ: Une révolution du “sur-bon sens”Un texte de Jean-Philippe Warren
J’aimerais commencer cet essai par une constatation banale et néanmoins troublante. L’Action démocratique du Québec rassemble comme en un condensé une série d’oppositions que l’on s’imaginerait spontanément irréductibles ou, à tout le moins, difficilement conciliables. C’est comme si ce parti politique se faisait un malin plaisir de rassembler en un étrange foutoir des éléments normalement associés à des sphères distinctes, pour mieux confondre les analystes.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
De la Philosophie de l’Histoire au règne de la société civileUn texte de Gilles Labelle
Le déclin du Parti québécois autant que l’ascension de l’Action démocratique appellent une réflexion qui s’éloigne de la conjoncture immédiate. Il faut plutôt partir de ce qu’a incarné le mouvement indépendantiste dans la société québécoise depuis le début des années 1960.
Mars 2003 | Classé dans Dossiers
L’État et ses citoyens-clients. Ou quand le service aux citoyens ne rend pas service à la démocUn texte de Florence Piron
Qui se rappelle qu’en mai 2000, le gouvernement québécois, à la suite de nombreuses autres démocraties libérales, a promulgué une nouvelle loi de l’administration publique qui vise à modifier considérablement tant la lettre que l’esprit de la fonction publique québécoise et qui a le potentiel de remodeler complètement les rapports entre l’appareil d’État et les citoyens? Et ce, à la suite d’une Commission parlementaire spéciale de trois jours tenue en septembre 1999 et marquée par une unanimité remarquable sur le fond de la question?
Mars 2003 | Classé dans Contributions libres
Le temps de l’homme finiUn texte de Marc Chevrier
Dans ses Regards sur le monde actuel, Paul Valéry décrivit en ces termes l’unification de la planète: toute la terre habitable a été de nos jours reconnue, relevée, partagée entre les nations. L’ère des terrains vagues, des territoires libres, des lieux qui ne sont à personne, donc l’ère de libre expansion est close: plus de roc qui ne porte un drapeau; plus de vides sur la carte; plus de région hors des douanes et hors des lois; plus une tribu dont les affaires n’engendrent quelque dossier et ne dépendent, par les maléfices de l’écriture, de divers humanistes lointains dans leurs bureaux. Le temps du monde fini commence.
Mars 2003 | Classé dans Contributions libres
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