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Le philosophe, Internet et le cyborg

Un texte de Christian Vandendorpe
Dossier : Autour d'un livre: Après l'homme... le cyborg de Jacques Dufresne
Thèmes : Revue d'idées, Science
Numéro : vol. 2 no. 2 Printemps-été 2000

Christian Vandendorpe [1]

 

Dans Après l’homme… le cyborg?, Jacques Dufresne examine un certain nombre de fantasmes et d’espoirs qui traversent notre société. Sur bien des points, son analyse est intéressante et marquée au coin du bon sens et de la raison humaniste. Mais la prophétie est un genre difficile, où plane toujours la tentation d’une surenchère apocalyptique. Notre philosophe n’y échappe pas totalement : plus on avance dans la lecture, plus se précise le refus des progrès qui menacent l’ordre connu.

L’auteur commence par une réflexion sur les médias, non pas pour répéter le procès qu’on leur fait couramment, mais pour mettre en évidence leur caractéristique première, qui est d’éloigner toujours plus l’individu de la connaissance immédiate et concrète. Cette mise à distance du monde de la perception est liée, explique-t-il, à une expansion continue du territoire du signe qui, dans tous les domaines de la vie, tend à prendre la place du réel.

En fait, ce phénomène a commencé avec l’apparition du langage et s’est accentué avec la mise au point de l’écriture. Chaque nouveau progrès dans l’usage des signes a eu pour effet de renforcer le formalisme qui tend à envahir toute notre culture, et dont l’ordinateur serait la face triomphale. C’est à cette montée du formalisme que Jacques Dufresne attribue la transformation de nos sociétés en “ sociétés sans aménité ”, où différentes catégories d’experts tendent à prendre la place autrefois dévolue à la famille, aux voisins, à la communauté. Et une telle “ professionnalisation ” de notre univers social entraîne à son tour chez les êtres un sentiment croissant de dévalorisation et d’impuissance.

Si l’on considère l’histoire ou l’anthropologie, on doit reconnaître qu’un tel constat ne manque pas de justesse. Jacques Dufresne s’appuie d’ailleurs sur des auteurs comme Ivan Illitch, Guy Debord, Jacques Ellul, Philippe Ariès, etc. On peut également acquiescer à nombre d’observations que fait le philosophe. Ce dernier critique ainsi la passion du choix qui nous caractérise aujourd’hui et qui se manifeste à merveille dans le zapping débridé qu’il nous arrive de pratiquer devant notre ordinateur ou la télévision. Ailleurs, il propose une analyse des connotations millénaristes attachées au terme “ technologie ” par opposition à “ technique ” : “ Chaque fois qu’on utilise ce mot [technologie], on annonce le paradis sur terre et on adresse une prière à l’Homme, maître et souverain de la nature ” (p. 161). L’observation ne manque pas de pertinence. Nous y reviendrons à propos de Kurzweil.

Mais d’autres chapitres de cet essai me semblent de moins bonne venue. On pourrait certes accorder à l’auteur l’idée de proposer une nouvelle liste de “ péchés capitaux ” ou, selon une autre de ses expressions, de “ cyberpéchés ”, dont serait affligé l’homme moderne : mépris de soi, gaspillage, voyeurisme, ressentiment, boulimie, indifférence, hyperactivité. Malgré ses relents d’une autre époque, la notion de péché peut encore posséder une certaine vigueur métaphorique susceptible de faire réfléchir sur notre société. Toutefois, les notions convoquées sont tellement lourdes de conséquences qu’elles exigeraient chacune des développements beaucoup plus importants pour commencer à avoir une ombre de crédibilité. Offerts sans justification, ces “ péchés ” peuvent tout au plus servir de matière à sermon pour un curé en mal de copie dominicale.

Encore plus discutable et régressive est la vision proposée d’Internet, dont la condamnation est sans appel. Pour ceux qui ne le sauraient pas, le réseau des réseaux serait tout simplement un outil mis en place pour assurer l’hégémonie des États-Unis. Pire encore, tout le domaine des jeux vidéo et de l’informatique aurait été inventé pour assurer le triomphe de l’impérialisme américain, par le biais du soft power :

En suscitant, par exemple, la passion des jeunes pour les jeux vidéos, la programmation et Internet, l’Amérique obtient pour ainsi dire les avantages d’un service militaire universel, permanent et parfaitement adapté à la guerre d’aujourd’hui. (p. 144)

Il fallait y penser! En laissant nos enfants jouer à des jeux vidéo sur Internet avec des correspondants français, brésiliens ou japonais, nous renforçons du même coup la puissance de l’empire américain… Tout comme les prophéties de Nostradamus, la bonne vieille théorie du complot fait toujours recette, surtout quand elle s’en prend à notre puissant voisin, dont l’insolente santé économique n’en finit pas de démentir le diagnostic de déclin jadis porté à son égard. Le discours du philosophe se fait même mobilisateur et invite à la résistance :

Mais comment organiser la nécessaire résistance? Il faut avant tout éviter de tomber dans le piège de l’utopie dominante, qui consiste à présenter les NTIC comme un moyen de libérer les individus des contraintes qui leur sont imposées par la famille, l’école, la religion et la nation. Il est clair qu’ainsi déracinés, les individus du monde entier, devenus atomes flottants, seront des candidats parfaits à l’esclavage dont l’Empire a besoin pour se renforcer. (p. 145)

On remarquera que le pivot de l’argumentation repose ici à la fois sur une diabolisation des États-Unis et sur la métaphore du déracinement. Cette dernière image est chère à Dufresne qui, dans le même chapitre, avait combiné deux sèmes arboricoles pour condamner l’individu connecté à Internet : “ Un homme qui se branche est un homme qui se déracine ” (p. 143). Au-delà de l’amusant télescopage sémantique, force est de se demander combien de temps encore cette métaphore végétale va servir à nous immobiliser dans notre passé. Une constante référence aux racines était sans doute parfaitement adaptée à une société agricole. Mais peut-elle encore éclairer valablement notre présent et notre avenir de nomades, de migrants, de “ surfeurs ”, de citoyens du monde?

En faIt, c’est précisément cette dernière réalité que Jacques Dufresne vise à conjurer et qui explique son rejet viscéral d’Internet, même s’il couvre celui-ci de l’ombre commode projetée par l’épouvantail états-unien. Relisons la citation précédente. Les diverses formes de regroupements humains autorisées seraient ici, dans l’ordre, la famille, l’école, la religion et la nation. Et au-delà? Rien! La nation ne saurait avoir d’au-delà, car elle est à elle-même sa propre fin. Succédané laïc de l’esprit religieux et messianique, la nation est devenue un absolu indépassable au culte duquel chacun est tenu de participer, sous peine d’être montré du doigt et exclu de la communauté. Cette nouvelle église ne doit souffrir aucune concurrence.

Pourtant, loin d’être fragile, l’État nation est chaque jour plus fort, plus envahissant, plus arrogant. Historiquement, il a pris son essor au moment où les journaux commençaient à se développer. Au XXe siècle, l’apparition de la radio lui a donné une virulence nouvelle. L’État se renforce justement en raison de cette évolution évoquée précédemment, qui tend à professionnaliser tous les rapports, en codifiant des aspects sans cesse plus nombreux de la vie sociale, au détriment du domaine privé. Ainsi nos existences sont-elles quadrillées toujours plus finement de la naissance à la mort. Et cela se fait avec notre consentement, voire sur notre demande, grâce notamment au discours social dont l’État nation est un important producteur, et qui se développe en parfaite symbiose avec “ le murmure marchand ” pour établir une société homogène et univoque.

Internet fait-il donc peser une menace sur cet état de choses? Assurément, le réseau planétaire entraîne une révolution par rapport aux médias antérieurs, en ce sens qu’il donne aux usagers une liberté de choix nouvelle, qui tend à échapper au contrôle du pouvoir local. Chacun peut maintenant se libérer mentalement des contraintes de l’espace dans lequel il vit, pour se mettre en contact avec des gens d’ailleurs. Certes, c’était déjà là un privilège que procurait la lecture, quoique sous une forme plus limitée. Avec Internet, tout est désormais à notre portée, qu’il s’agisse de culture, d’informations, de musique, de jeux ou de consommation. Et cela, de façon illimitée. Voilà qui est nouveau.

Une chose est sûre : la majorité des citoyens ne sont pas prêts à laisser l’État restreindre leurs possibilités d’accès à la nouvelle sphère médiatique. La culture risque donc de se fragmenter davantage, suivant en cela une tendance déjà observable depuis une quinzaine d’années dans la prolifération des revues spécialisées, tendance qui se vérifie aussi dans le domaine télévisuel avec les antennes paraboliques et la généralisation du zapping. L’ère du discours unique sur lequel se branchaient religieusement à heure fixe les trois quarts d’une population est en train de céder la place à une panoplie de choix. Et cela va dans le sens d’un processus d’individuation croissant, qui vise à compenser une socialisation toujours plus poussée. Si l’être humain est un animal politique, il est aussi un être dialectique, qui excelle à mettre en place des contrepoids susceptibles de sauvegarder sa liberté.

En ce sens, Internet ne fait que renforcer une dynamique qui menace directement la grande fiction nationaliste. Comme on sait, cette idéologie repose sur l’attachement exclusif à la nation que partagerait un groupe humain culturellement homogène installé sur un territoire donné. En tant que telle, cette fiction constitue une forme de discours social favorisée par l’État, car elle légitime l’appareil bureaucratique en le parant d’une aura fraternelle, par la solidarité magique du “ nous autres ”. La société moderne impersonnelle évoquée plus haut a donc trouvé dans le nationalisme son antidote idéal, son bain de jouvence, d’où le pouvoir anonyme ressort sous le visage familier et les traits de la majorité. Grâce à lui, la distance apparente entre les administrés et l’appareil bureaucratique est abolie et l’engrenage social, lubrifié. Comme telle, cette idéologie présente bien des avantages, non seulement pour les gouvernants mais aussi pour ceux et celles qui sont reconnus membres de plein droit de la communauté nationale et adhèrent à ses dogmes fondamentaux. Il peut certainement en découler des œuvres intéressantes, tout comme du sentiment religieux d’ailleurs, tant l’esprit humain est capable de ses plus hautes créations lorsqu’il se met au service d’une cause qui le transcende.

Cependant, avec les nouvelles technologies de la communication et le rétrécissement de la planète, d’autres possibilités se font jour, qui, sans faire disparaître l’attachement normal d’un individu pour le pays où il est né et où il a grandi, vont réduire l’importance de certaines assises du nationalisme. Les progrès de la traduction automatique devraient modifier indirectement le rapport à la langue, car celle-ci ne sera plus un obstacle à la communication avec des locuteurs d’autres cultures, ce qui accélérera le brassage des idées et la mise en place d’une culture globale, tout en réduisant chez les individus la peur de perdre leur langue maternelle. De même le rapport à l’espace est-il déjà en train de se détacher de son ancrage territorial pour ceux qui fréquentent l’espace virtuel ouvert par les écrans de leurs ordinateurs. L’État nation luttera certes pour garder ses pouvoirs de taxation et de contrôle des frontières. Mais les années qui viennent exhiberont de plus en plus son incapacité à faire face aux problèmes planétaires majeurs que posent la maîtrise des nouvelles technologies et la régulation de compagnies multinationales dont le poids économique excède déjà celui de la plupart des pays. Seules des entités supranationales dotées de pouvoirs politiques étendus seront capables d’intervenir en ces matières. Et le pouvoir accordé à l’une devra nécessairement être enlevé à l’autre. A titre d’exemple, les pays européens sont en train de développer activement chez les jeunes un attachement à l’entité supérieure qu’est l’Europe, en tant que communauté de destin, même si cela doit réduire le champ d’action des gouvernements nationaux. D’autres rêves, d’autres mythes sont ainsi en gestation, plus à même d’unir les humains dans des entreprises communes d’envergure, essentielles à leur épanouissement et à leur survie. Au lieu de constituer le lieu d’allégeance ultime d’un individu, la nation est appelée à devenir une simple pièce d’une mosaïque plus vaste, dont chacun voudra de plus en plus apercevoir la figure d’ensemble.

***

Plus encore que le passage à un cadre de pensée global, le cyborg fascine et inquiète. Intrigué par les quelques pages qu’y consacre Jacques Dufresne, je me suis tourné vers le dernier ouvrage de Ray Kurzweil pour en examiner de plus près le visage synthétique. Le titre de celui-ci constitue déjà en soi un manifeste : The age of spiritual machines[i]. Des machines spirituelles, rien de moins !

Dans cet ouvrage, Ray Kurzweil part de la loi établie par Gordon Moore, le fondateur d’Intel, qui avait prédit en 1965 que la puissance de calcul du microprocesseur doublerait tous les deux ans. Couplant cette observation avec la théorie du chaos, l’auteur établit une “ loi des retours accélérés ”, qui est à l’histoire et à la futurologie ce que l’intérêt composé est au capitalisme. D’une part, le chaos est nécessaire pour créer une diversité qui donnera à l’évolution le plus d’options possibles ; d’autre part, la fonction de l’évolution est de créer de plus en plus d’ordre. Dans un processus évolutif, l’ordre s’accroît donc de façon exponentielle et le rythme s’accélère invariablement, ce qui produit des retombées toujours plus considérables. Pour intégrer la loi de Moore avec le processus évolutif, Kurzweil considère l’esprit humain comme un ordinateur. Compte tenu d’une croissance exponentielle de la puissance des microprocesseurs, il peut dès lors prédire que la capacité de calcul de l’ordinateur excédera celle du cerveau humain — “ l’intelligence ” — en 2019, et que, en 2099, un centime permettra d’acheter une puissance de calcul égale à un milliard de fois la puissance de calcul de tous les cerveaux humains combinés. Si le cerveau est considéré comme du logiciel, le corps en revanche est réduit à du “ hardware ”, dont on pourra bientôt réaliser des substituts plus perfectionnés grâce aux nanotechnologies — des machines constituées de quelques atomes, capables de se reproduire et de s’assembler selon les structures moléculaires désirées. Un individu pourra alors effectuer un “ backup ” complet de son cerveau sur ordinateur et, le cas échéant, le transférer sur l’androïde ainsi créé. Dès 2029, prophétise Kurzweil, les machines auront accédé à la conscience, reprenant à leur compte le fameux “ Je pense, donc je suis ” de Descartes. Bref, à la fin du XXIe siècle, il sera impossible d’établir une distinction nette entre machines et êtres humains. L’humain purement biologique sera chose du passé : nous serons tous des cyborgs à un certain degré.

Pour délirant qu’il paraisse, le scénario que nous propose ce Frankenstein de la carte à puce ne relève pas entièrement de la fiction. Kurzweil est un ingénieur connu, détenteur de nombreuses distinctions et doctorats honorifiques, inventeur du scanneur et du synthétiseur. S’appuyant sur une documentation abondante, il n’hésite pas à convoquer Platon, Descartes ou Wittgenstein. Mais le raisonnement manque de finesse et les prédictions se situent dans la logique d’un développement linéaire de la science et de la technologie. Leur côté provocant vient de la notion de conscience accordée aux cyborgs. Or, qui dit conscience dit aussi libre arbitre. Le lecteur est ainsi précipité dans un univers de fiction qui ressemble étrangement à celui de la nouvelle de Philip K. Dick, portée à l’écran avec Bladerunner : “ Do androïds dream of electric sheep? ”. Mais l’évolution ne sera pas aussi linéaire que le prédit Kurzweil et le domaine de la conscience restera probablement opaque encore longtemps[ii]. Nous nous retrouverons donc avec des machines de plus en plus perfectionnées — que nous domestiquerons comme nous l’avons fait avec le chien ou le cheval — et non avec des doubles de nous-mêmes. Quant à la survie sous la forme d’un cerveau dans un bocal ou dans un corps synthétique, il s’agit là d’un destin dont ne peuvent rêver que des gens complètement coupés de leur corps et de leurs sensations, pour des raisons médicales ou psychologiques.

Le progrès inquiète, certes. Mais il est difficile de suivre un critique comme David Noble, auquel Jacques Dufresne fait abondamment référence, qui affirme que “ personne ne s’est jamais demandé si [la conquête de l’atome, celle de l’espace ou celle du génome] correspondaient aux besoins humains fondamentaux. ” (p. 161). Avec semblable argument, on aurait dû empêcher Pascal de mettre au point sa machine à calculer en 1642. Ou Gutenberg d’inventer l’imprimerie. Ou, encore plus radicalement, interdire le recours à tout système d’écriture…

Le débat sur les nouvelles technologies fait ainsi remonter à la surface une fracture décisive entre deux conceptions de l’homme et de sa destinée. Pour l’une, le salut personnel ne peut venir que d’un Messie extérieur à nous, d’essence divine, auquel nous devrions rapporter nos décisions fondamentales, dans le respect de la tradition. Pour l’autre, la vie intelligente est le résultat d’une évolution aveugle, dont il nous appartient de prendre le relais afin de l’orienter à notre guise. C’est en somme le combat du messianisme contre le millénarisme, de la religion contre la science, de la tradition contre le progrès. Ces deux points de vue méritent certes d’être considérés. Mais, dans l’histoire, il n’est pas d’exemple de société qui ait gagné à parier pour le premier. Il y a chez l’Homme une dimension prométhéenne, qui le pousse à reculer sans cesse les frontières du possible.

Ce constat n’infirme cependant pas la nécessité de réfléchir sur la science et de mettre en place des garde-fous juridiques et éthiques — dans un cadre supranational dont il faut travailler à hâter l’avènement —, car le monde qui se dessine sera infiniment plus complexe que tout ce qu’on avait pu imaginer jusqu’à présent.

 

NOTES


[1] En plus d'être un lecteur occasionnel de science-fiction, Christian Vandendorpe s'intéresse à la théorie de la lecture et à la didactique de l'écrit, ainsi qu'aux apports de la sémiotique et des sciences cognitives. Interpellé par lavènement de lhypertexte, il travaille depuis plusieurs années sur les métamorphoses de la lecture en relation avec le support textuel et limpact de celui-ci sur lorganisation du texte. Il a notamment publié Du papyrus à l'hypertexte. Essai sur les mutations du texte et de la lecture (Montréal: Boréal et Paris: La Découverte, 1999).

 


[i] Viking Press, 1999.

[ii] Pour une critique détaillée des confusions qui minent l’emploi de concepts aussi fondamentaux dans l’ouvrage de Kurzweil, le lecteur se reportera à l’article de John Searle “ I married a computer ”, The New York Review of Books, 8 avril 1999.



 


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