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Réponse

Un texte de Jocelyn Létourneau
Thèmes : Revue d'idées
Numéro : vol. 1 no. 2 Printemps-été 1999

M. Cantin, usant dans sa réplique d'une ironie cachant mal, on en jugera, une colère ravalée ou une démission devant la tâche d'argumenter, reprend trois idées qu'il a ailleurs exposées :

  • le passé québécois ne fut, et son présent ne consiste toujours, qu'en une aventure de survivance, une série de rendez-vous manqués et un destin suspendu ;

  • l'intellectuel d'ici n'a d'autre choix que de porter le pays comme un enfant ;

  • explorer les potentialités de l'ambivalence historique des Québécois francophones, c'est pratiquer l'abdication désolante, c'est sournoisement mener le peuple à sa mort collective.

Contre cette vision déprimée et désespérante de l'expérience historique québécoise, je n'ai rien à ajouter au propos que je tenais dans mon article. La position de M. Cantin, fondée sur un répertoire de convictions inébranlables, d'invectives inutiles et d'incantations au tragique, n'ouvre ni au dialogue, ni ne fait preuve de subtilité et de sensibilité face à la complexité de la condition franco-québécoise, ni ne cherche à élargir les horizons de la pensée d'ici, comme si tout avait été dit et que, de choix possibles, il n'existait que le devoir de mémoire et la refondation salutaire. On comprendra que c'est un programme différent qui m'attire, et un débat davantage fécond et serein auquel j'aspire, comme héritier d'une culture, universitaire et citoyen.

Jocelyn Létourneau



 


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